La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, est sensible aux préoccupations de la communauté anglophone, qui a réclamé, au cours d'une manifestation en fin de semaine, que Québec modifie son projet de réforme de la loi 101.

Denis Lessard LA PRESSE

«Je suis profondément à l'écoute», a dit la ministre à l'occasion de l'étude des crédits de son ministère à l'Assemblée nationale. Elle invite la communauté anglophone à se faire entendre en commission parlementaire - la consultation sur le projet de loi 14 commencera le 12 mars.

La reconnaissance du statut de ville bilingue préoccupe les anglophones. Actuellement, 84 villes ont ce statut grâce à leur population passée; la moitié d'entre elles n'ont toutefois plus les 50% d'anglophones nécessaires. «Je suis à l'écoute de toutes les solutions, y compris celles du commissaire aux langues officielles, M. Graham Fraser, qui dit qu'il peut aussi y avoir des indicateurs quantitatifs», a assuré la ministre.

Dès que les journalistes posent une question sur les déclarations de son collègue Jean-François Lisée, Mme De Courcy tourne les talons.

M. Lisée est intervenu dans le débat linguistique en invitant la Société de transport de Montréal (STM) à donner plus de services en anglais. Jacques Parizeau a qualifié de «dérive» cette attitude à l'égard de la primauté du français.

Hier, Mme De Courcy a rappelé qu'il appartenait à la STM de «se gouverner».

M. Lisée a affirmé que la loi actuelle prévoit déjà que la STM peut donner des services en anglais. En ce qui concerne l'accusation de M. Parizeau, il a été incisif. «[Il] semble me reprocher de faire preuve d'ouverture et de bonne entente. Je ne pense pas que la fermeture et la mauvaise entente soient une bonne pratique envers tous les Québécois.»

Selon le député libéral Marc Tanguay, critique dans le dossier linguistique, le projet de réforme confère au ministre des pouvoirs déraisonnables, qu'il convient de baliser.