Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, reproche aux chercheurs «d'utiliser des personnes malades»  et «d'instrumentaliser leur détresse» pour réclamer des millions de dollars au gouvernement.

Mis à jour le 31 janv. 2013
Tommy Chouinard LA PRESSE

Mercredi, les 18 centres de recherche en santé ont fait une sortie publique pour condamner les compressions de 10 millions de dollars dans le Fonds de recherche Québec - Santé, qui relève de M. Duchesne. Une patiente atteinte d'un cancer chronique des ovaires, Michèle St-Pierre, a affirmé que le gouvernement «tue» son espoir «en coupant dans la recherche». La campagne publique des chercheurs s'intitule d'ailleurs «Je suis Michèle». Un site Web a été créé.

«Je dis à cette dame de ne pas s'inquiéter», a affirmé Pierre Duchesne en conférence de presse à Rimouski, juste avant le début de la quatrième et dernière rencontre préparatoire au Sommet sur l'enseignement supérieur des 25 et 26 février. Il a ensuite fait une mise en garde aux chercheurs. «Ce que je demande à ceux qui organisent ce type de campagne, c'est d'être responsable, d'avoir des bonnes valeurs éthiques. Parce qu'utiliser des gens qui sont dans des positons vulnérables, des gens malades, je trouve ça un peu particulier», a-t-il lancé.

Le ministre a renchéri : «Il y a des gens qui font un débat politique pour avoir plus d'argent, je peux le comprendre. Mais soyons prudents pour ne pas instrumentaliser la détresse de certaines personnes, des gens qui sont souvent dans une situation de vulnérabilité».

Pierre Duchesne dit toutefois «comprendre l'inquiétude des chercheurs». Il a rappelé que son gouvernement lancera une nouvelle politique sur la recherche et l'innovation ce printemps. «On va rassurer les chercheurs pour la suite», a-t-il ajouté, sans toutefois renoncer aux compressions de 10 millions. Il a plaidé que les libéraux ont «laissé les finances publiques dans un piètre état».

Mercredi, le directeur du Centre de recherche du CHUM, le Dr Jacques Turgeon, disait qu'il a demandé sans succès au cabinet de M. Duchesne de pouvoir participer à la rencontre préparatoire de Rimouski portant justement sur la recherche. Aucun représentant des 18 centres de recherche n'a été invité, ce que déplore l'opposition libérale. «Ce n'est pas venu à mes oreilles que M. Turgeon a voulu venir», a répliqué M. Duchesne. Et selon lui, «le milieu de la recherche est bien représenté» au sommet.

Pierre Duchesne a fait valoir que le Québec figure au troisième rang parmi les membres de l'OCDE quant aux dépenses en matière de recherche dans le secteur de l'enseignement supérieur. Il a chiffré à 560 millions les fonds alloués à la recherche universitaire en santé, ce qui inclut les investissements du fédéral, de fondations et de compagnies. Il a laissé entendre que des coupes de 10 millions ne sont pas si imposantes. «Je ne veux pas banaliser, mais il faut faire une mise en contexte», a-t-il noté.