Le ministre responsable des relations avec les anglophones, Jean-François Lisée, est un adepte du bilinguisme généralisé - une position «extrêmement dangereuse» et contraire au projet de refonte de la Charte de la langue française, soutient Pierre Dubuc, ténor de l'aile orthodoxe du Parti québécois (PQ).

Mis à jour le 31 janv. 2013
Denis Lessard LA PRESSE

«Au Québec, le français est la langue normale des communications, un point, c'est tout», a affirmé M. Dubuc. Il prévoit d'ailleurs que ce débat pourrait bien ressurgir sur le parquet du Conseil national du PQ, à Drummondville, au début du mois de février.

Depuis deux jours, par l'entremise de lettres ouvertes, Jean-François Lisée et Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français, débattent de la nécessité que la Société de transport de Montréal (STM) offre des services en anglais aux clients qui le souhaitent. Le débat fait tache d'huile avec l'intervention de M. Dubuc.

Hier, la STM a rappelé au ministre Lisée qu'elle réévaluait actuellement cette question, mais que le projet de loi déposé par Québec en décembre dernier allait dans le sens d'un affermissement de l'offre de services en français - et non l'inverse.

Dans le numéro d'hier de L'Aut'Journal, M. Dubuc souligne que M. Lisée avait toujours prôné, dans ses écrits, la «nette prédominance du français». Ce principe, dicté par la Cour suprême, sous-entend en fait un bilinguisme généralisé - contraire aux principes de la loi 101 et du projet de loi 14.

«M. Lisée nous répète sans cesse que les anglophones de Montréal sont bilingues. Si c'est le cas, je trouve curieux qu'il insiste pour que les travailleurs de la STM soient bilingues. Les anglophones devraient être capables d'acheter leurs tickets de métro en français!», a souligné M. Dubuc, en entrevue.