Le gouvernement Marois fait preuve de mépris envers les décisions démocratiques des Québécois en voulant retirer le drapeau canadien du Salon rouge de l'Assemblée nationale.

Mis à jour le 16 nov. 2012
LA PRESSE CANADIENNE

C'est ce qu'a soutenu l'opposition libérale vendredi. Le Parti libéral réagit ainsi à la demande du gouvernement péquiste adressée au président de l'Assemblée nationale en vue de remiser l'unifolié.

La salle du conseil législatif, ou salon rouge, est le seul endroit dans le parlement où on retrouve un drapeau canadien. Cette salle est utilisée pour des activités protocolaires ou des commissions parlementaires. Les gouvernements péquistes précédents l'avaient déjà retiré à leur arrivée au pouvoir.

Cette fois, c'est le whip en chef du gouvernement, Yves-François Blanchet, qui en a fait la demande, le jeudi 15 novembre, soit exactement 36 ans après l'élection du premier gouvernement péquiste de René Lévesque.

En conférence de presse vendredi, le député libéral Gerry Sklavounos a affirmé que le retrait du drapeau canadien serait un manque de respect des décisions des Québécois, qui ont choisi deux fois de rester dans le Canada par voie de référendum.

Dans une lettre au président de l'Assemblée, le whip en chef de l'opposition officielle, Laurent Lessard, a pour sa part qualifié la demande du gouvernement de «choquante et totalement inacceptable».

«Tant que le Québec fera partie de la fédération canadienne, il serait inacceptable de retirer le drapeau canadien de la salle du conseil législatif. Ce geste serait d'une gravité extrême puisqu'il serait un signe de déni de notre pays», écrit M. Lessard.

Le député caquiste Gérard Deltell a quant à lui estimé qu'il n'y avait que les péquistes pour se préoccuper des drapeaux, alors que la population québécoise a d'autres soucis.

Le whip du gouvernement, Yves François Blanchet, a pour sa part justifié sa requête avec des considérations historiques: l'unifolié n'est apparu au parlement que durant le règne de deux premiers ministres libéraux, soit Robert Bourassa et Jean Charest.

«Historiquement, le drapeau canadien ne figurait pas à l'Assemblée nationale du Québec (...), a-t-il dit dans une entrevue téléphonique. Il n'y avait pas sa place. Comme chaque fois qu'un gouvernement péquiste est là, nous demandons que la tradition, que l'histoire, soient respectées.»

L'Assemblée nationale est le siège du pouvoir québécois «de façon exclusive, (...) il n'y a que les Québécois qui décident» à l'Assemblée nationale, et il est donc «normal qu'on s'attache à ce symbole», a-t-il ajouté.

Il n'y voit pas de la provocation, au contraire: mettre davantage en valeur un symbole national, «c'est de la fierté», a-t-il plaidé.

Sachant que le Parti libéral s'oppose à la requête, il s'attend à ce que le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, demande aux formations de se parler, mais il entend faire valoir l'argument selon lequel le fleurdelisé est le symbole de tous les Québécois.