Le gouvernement Marois semble reporter son «virage majeur» nationaliste à la Caisse de dépôt et placement du Québec. C'était un engagement phare du Parti québécois (PQ) en campagne électorale, mais la première ministre n'en a pas glissé un seul mot dans son discours d'ouverture.

Paul Journet LA PRESSE

«On ne recule pas, on va procéder par étapes», assure Mélanie Malenfant, attachée de presse du ministre des Finances, Nicolas Marceau. Elle dit vouloir respecter «l'indépendance» de la Caisse.

Pauline Marois avait promis de changer la loi de la Caisse pour «rétablir sa mission de développement économique du Québec». Elle voulait aussi créer un fonds d'investissement stratégique de 10 milliards de dollars pour «protéger les sièges sociaux» et soutenir le «développement de nouveaux secteurs stratégiques» de la province.

Le PQ proposait aussi d'élargir les responsabilités des administrateurs de société. Ils auraient dû prendre en considération les intérêts des employés, des créanciers et des fournisseurs, et non pas seulement ceux de leurs actionnaires.

«On n'a pas d'échéancier», dit Mme Malenfant. Elle rappelle que l'agenda parlementaire est rempli et que l'Assemblée siégera peu cette année. Celle-ci prend relâche du 7 décembre au mois de février. Il reste qu'en caucus à Drummondville la semaine dernière, Mme Marois a indiqué que son discours inaugural énonçait ses priorités pour les deux prochaines années.

La Coalition avenir Québec, qui proposait des mesures similaires, se demande si la promesse n'est pas reportée aux calendes grecques. «J'ai entendu le Parti québécois dire à peu près la même chose que nous autres sur la Caisse de dépôt. Ils voulaient en revoir le rôle [...] pour qu'on soit capables de garder nos fleurons québécois, nos grandes entreprises. Et dans le discours inaugural? Zip! Pas un mot. Qu'est-il arrivé?», se demande son chef François Legault.