Le leader parlementaire libéral à Québec, Robert Dutil, a évoqué lundi les effets pervers qui pourraient découler du plafonnement des contributions politiques à 100 $.

Publié le 29 oct. 2012
Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

Le gouvernement péquiste veut abaisser le maximum permis pour les dons d'électeurs aux partis politiques afin d'assainir le financement de ces derniers.

Mais M. Dutil a réclamé une étude en profondeur avant de se prononcer sur la valeur de cette proposition. Actuellement, les dons aux partis politiques provinciaux et municipaux sont plafonnés à 1000 $ par année.

Le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, souhaite ramener cette somme à 100 $ pour les partis provinciaux, de manière à mettre fin au système de prête-noms et à éliminer l'influence des collecteurs de fonds.

En point de presse, M. Dutil a fait référence à un avis exposant que l'abaissement des dons à 100 $ pourrait stimuler la circulation d'argent comptant dans les antichambres des partis politiques.

André Larocque, ancien sous-ministre du gouvernement de René Lévesque qui a rédigé la Loi sur le financement des partis politiques de 1977, a déclaré lors d'une récente entrevue que le plafonnement à 100 $ ne réglerait rien et favoriserait «les enveloppes brunes».

Sans se prononcer sur la proposition péquiste, M. Dutil a cité cet avis pour démontrer la nécessité d'une réflexion en profondeur sur le sujet.

«Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse être farfelu, a-t-il dit. Tout ce que je dis, c'est qu'on nous demande de nous prononcer sur des choses pour lesquelles il n'y a pas eu d'études, il n'y pas eu de travail en profondeur. Et il y a des gens qui disent: il y a des effets pervers à ça.»