C'est à l'opposition de dénouer l'impasse sur la taxe santé, dit le ministre des Finances Nicolas Marceau. «J'ai déjà dit que j'étais ouvert. J'attends le jour où ils vont me proposer quelque chose», a-t-il indiqué ce matin à Drummondville, où sont réunis les députés du Parti québécois (PQ) en prévision de la rentrée parlementaire.

Paul Journet LA PRESSE

Mais le bras de fer se poursuit. Le Parti libéral (PLQ) refuse d'appuyer une hausse du taux d'imposition pour les contribuables qui gagnent plus de 100 000$. Et à la Coalition avenir Québec, on indique que c'est au gouvernement de prendre l'initiative, de consulter l'opposition et de proposer un nouveau compromis. Chaque parti reste campé sur ses positions, et personne n'a encore demandé de rencontre.

«J'ai ouvert la porte déjà, a insisté M. Marceau. Une chose est très claire: s'ils ont quoi que ce soit à me proposer, je suis ouvert. J'attends de leur part des choses constructives.»

Le temps presse. M. Marceau a déjà indiqué qu'un vote aura lieu d'ici à la fin de l'année sur sa proposition concernant la taxe santé. Il cherche ainsi à obtenir l'appui de l'opposition avant le budget. Ce vote se ferait probablement par motion.

Depuis l'hiver dernier, le PQ promet d'abolir la taxe santé. Mais sa façon de financer cette abolition a suscité une levée de boucliers dans l'opposition et parmi les gens d'affaires, qui ont dénoncé les hausses d'impôt pour les plus nantis et la rétroactivité de ces hausses.

Le ministre a proposé un compromis. La taxe santé ne serait pas abolie, mais rendue plus progressive. La hausse de l'impôt sur les gains en capital ou en dividende serait abolie, et les nouveaux paliers d'imposition pour les contribuables qui gagnent plus de 100 000$ ne seraient pas rétroactifs.

Lors de la dernière campagne électorale, la CAQ a promis d'abolir la taxe santé en deux ans. Elle voulait aussi hausser le fardeau fiscal des plus nantis en taxant le gain en capital à 75% et en diminuant les crédits d'impôt pour les gains en dividende. Mais elle s'oppose néanmoins au compromis du ministre Marceau. La raison: la CAQ soutient que sa promesse s'inscrivait dans un plan de réduction des dépenses de l'État. Un tel plan est nécessaire selon elle pour combattre le ralentissement économique.

Comme le PLQ, le chef de la CAQ, François Legault, promet de voter contre la dernière proposition de M. Marceau.

«Le 4 septembre, il y a eu un vote, a dit le ministre ce matin. Ce vote a fait en sorte que nous formons un gouvernement minoritaire. Nous avons pris acte de cela. Je pense que les partis de l'opposition doivent également prendre acte du fait qu'il y a quatre partis représentés à l'Assemblée nationale, et qu'eux non plus n'ont pas reçu l'appui d'une majorité de la population.»