Le chef intérimaire de l'opposition libérale, Jean-Marc Fournier, prévient que son parti n'appuiera jamais les hausses d'impôt que compte instaurer le gouvernement Marois. Si le ministre Nicolas Marceau cherche des appuis en ce sens à l'Assemblée nationale, il aura à s'entendre avec François Legault.

Denis Lessard LA PRESSE

À l'issue d'une réunion de deux jours des députés libéraux, M. Fournier a réduit encore la marge de manoeuvre du gouvernement Marois. La veille, François Legault s'était dit opposé à toute hausse d'impôt. Le PLQ fait de même, ce qui semble fermer toutes les issues au ministre Marceau.

«Les hausses d'impôt ne faisaient pas partie de notre programme électoral, a lancé M. Fournier en point de presse. Nous sommes contre les hausses d'impôt et voterons contre une hausse d'impôt. Les autres formations politiques doivent se gouverner en conséquence.»

Il a rappelé que, durant la campagne électorale, la CAQ préconisait, comme le PQ, l'abolition de la taxe santé mise en place par le PLQ et l'augmentation de l'impôt sur les gains de capital - on passait de 50 à 100%, ce qui générait 550 millions de recettes.

Ces intentions «touchent tous les Québécois, pas juste ceux qui sont les plus fortunés. Ce sont des taxes à l'épargne et des taxes à l'investissement. Ce sont des propositions fiscales antiéconomiques et anti-emploi», a lancé M. Fournier. Selon lui, le gouvernement doit, dès la semaine prochaine, «mettre fin à l'angoisse fiscale» et faire une proposition pour dénouer l'impasse autour des impôts rétroactifs qu'il préconise pour générer le milliard de dollars nécessaire pour abolir la taxe santé.

Jean-Marc Fournier ne croit pas une seconde que le gouvernement minoritaire pourrait tomber, mais Mme Marois ne pourra faire l'économie d'un recul: «Elle n'a pas les votes en Chambre pour faire adopter ses propositions, elle n'a pas eu les votes des Québécois pour le lui permettre. Elle doit respecter le vote des Québécois du 4 septembre dernier.» Le PQ et la CAQ, dit-il, auront à discuter. «S'ils ne trouvent pas de terrain d'entente, c'est leur problème à eux, et ce sera à [Mme Marois] de retirer, de reculer.»

Le ministre Marceau, selon lui, tombe dans les «balivernes» quand il soutient qu'il n'y aura pas de hausses d'impôt, simplement un déplacement du fardeau vers les hauts revenus. «La vérité est: lorsque vous haussez l'impôt tiré du gain en capital, vous venez de débalancer complètement la situation au Québec par rapport à nos voisins», lance-t-il. En Ontario et aux États-Unis, les hauts revenus sont bien moins imposés. «Lorsque vous sortez le Québec de la planète qui l'environne, vous êtes en train de le mettre dans une situation de péril économique», a soutenu le chef intérimaire du PLQ.