Des images monochromes et au ralenti de Pauline Marois qui frappe deux couvercles de casserole l'un sur l'autre, pendant 13 secondes. Pas de commentaire agressif. Pas de voix hors champ menaçante. Pas de musique grave.C'est le choix qu'a fait le Parti libéral du Québec pour le lancement de sa deuxième publicité télévisée en autant de semaines.

Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Après Jean Charest qui s'exprime à la caméra devant un décor dépouillé, c'est au tour de Pauline Marois d'être mise en vedette dans une publicité libérale.

La capsule sera diffusée à la télévision à partir de cette semaine. Le temps d'antenne est déjà acheté, a indiqué Michel Rochette, du Parti libéral du Québec (PLQ).

«C'est une publicité toute simple. C'est une image que le Parti québécois avait lui-même diffusée sur Facebook, a-t-il expliqué. Ils veulent que ce soit vu, alors on va les encourager.»

Difficile pour Mme Marois et son équipe de qualifier la publicité de négative, selon le PLQ. Mais pour le député Bernard Drainville, il s'agit d'une déformation malhonnête de la vraie vidéo, tournée dans la circonscription d'Argenteuil dans le cadre de l'élection partielle.

«Ils mettent les images au ralenti, ils essaient de transformer les marches de casseroles en un phénomène négatif, pour dénigrer Pauline Marois, a-t-il plaidé. Mais ce faisant, ils s'attaquent à tous ceux qui ont participé aux casseroles et qui étaient dans la plupart des cas des familles.»

Michel Rochette se défend d'avoir déformé la réalité. «C'est une image qu'on n'a pas commentée. On n'a ajouté ni parole ni musique ni commentaire, a-t-il affirmé. On laisse le soin aux gens de juger eux-mêmes.»

Le lancement de cette capsule semble s'inscrire dans la lignée de la stratégie de campagne libérale, partiellement dévoilée par le Parti québécois. Il y a deux semaines, la formation politique avait en effet obtenu une partie des diapositives virtuelles utilisées par Jean Charest dans la présentation secrète de sa prochaine campagne.

Qui est mieux placé pour gérer l'économie? «Jean Charest et l'équipe libérale avec le Plan Nord et la création d'emplois? [ou] Pauline Marois et le PQ avec un référendum et la rue?», disait l'image.

Pour M. Drainville, il s'agit d'une application directe de cette stratégie politique.

«Ils sont incapables de défendre leur propre bilan. Ils sont incapables de se défendre sur la corruption, sur les ressources naturelles et tout le reste, alors ils essaient de détourner l'attention, a-t-il analysé. Mais ça ne fonctionnera pas.»

Jean Charest et ses troupes ne font rien pour dissiper les rumeurs d'élections à la fin de l'été. Il s'agit de la deuxième publicité télévisée à être lancée par les libéraux en huit jours, un rythme très important par rapport aux trois premières années de leur mandat.