Front uni, un groupe d'artistes et de citoyens indépendantistes et progressistes, demande une alliance aux prochaines élections.

Paul Journet LA PRESSE

Il a amassé plus de 2400 signatures lors de la première journée de sa création, lundi. Il est formé entre autres du metteur en scène Dominic Champagne, de l'ex-journaliste Alexis Deschênes, du réalisateur Hugo Latulippe, du Zapartiste François Parenteau et de Jocelyn Desjardins du Nouveau mouvement pour le Québec.

Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) ont pourtant refusé à plusieurs reprises de faire des alliances. La semaine dernière, l'ex-député péquiste a également proposé d'organiser des primaires dans chaque circonscription pour y choisir un seul candidat qui représenterait le PQ, QS et Option nationale (ON).

Seul le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, est favorable à cette alliance. Comme M. Curzi, M. Aussant avait claqué la porte du PQ en juin dernier.

Malgré ces refus, le groupe insiste. Il a demandé à l'ex-président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, de servir de médiateur pour préparer une alliance entre le PQ, QS et ON. Les relations entre M. Parent Pauline Marois ne sont pas très bonnes. En janvier, M. Parent déclarait à L'Aut'journal au sujet de la chef du PQ: « un tel déni du mouvement syndical, du monde du travail, c'est du jamais vu! ».

Les instances démocratiques du PQ et de QS n'ont jamais pris position en faveur des alliances. Le groupe espère néanmoins que les chefs des partis passeront outre cette volonté. « On s'adresse au peuple et à la raison des chefs politiques», a dit M. Deschênes. Leur but : défaire les libéraux aux prochaines élections.

Si une telle alliance avait été formée aux précédentes élections générales, six députés libéraux auraient été défaits, soutiennent-ils. Ils n'estiment pas que leur mathématique est simpliste et qu'une telle alliance conduirait certains électeurs à modifier leur vote. Ils se défendent de sous-estimer les différences idéologiques entre ces trois partis.

Aucun d'entre eux n'envisage de se présenter en politique. Ils affirment qu'ils accepteraient de présenter leur position au congrès de Québec solidaire pour la soumettre à ses membres.

Le groupe dit représenter les citoyens qui ont pris la rue dans les dernières semaines, entre autres lors des trois manifestations qui ont réuni plus de 100 000 personnes.

Sans être en mesure de le prouver, ils avancent qu'une majorité des électeurs seraient indécis à l'approche des prochaines élections. « Je suis persuadé que le taux d'indécis est environ aussi grand que le taux d'insatisfaction », dit M. Champagne.

Ce qu'ils proposent ne ressemble-t-il pas à un manifeste pour une réforme du mode de scrutin afin d'y ajouter un élément de proportionnalité ? « On essaie de s'en facker une autant que possible avant de l'avoir », a lancé M. Parenteau à la blague.