Une trentaine d'étudiants ont perturbé une assemblée de la Coalition pour l'avenir du Québec qui se tenait ce soir dans un centre communautaire du quartier Villeray, à Montréal. Malgré une prise de bec entre le cofondateur du mouvement, François Legault et un protestataire, la manifestation n'a pas dégérénée.

Daphné Cameron LA PRESSE

L'action était organisée par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui représente 45 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec. Elle visait à dénoncer la position de la Coalition pour l'avenir du Québec en matière de frais de scolarité.

Au début de l'automne, François Legault a amorcé une tournée de 17 assemblées publiques où il partage les positions de son mouvement politique. La soirée a commencé comme à l'habitude avec des discours des deux fondateurs de la Coalition Charles Sirois et François Legault. Environ 300 personnes étaient présentes. Avant la fin du discours de M. Legault, un manifestant s'est levé et a commencé à crier son désaccord envers les positions de M. Legault en matière d'éducation. Une trentaine d'étudiants se sont alors mis à huer M. Legault et faire du bruit avec des sifflets.

«Non à la hausse!», «Non au Québec inc.!», «Charest, Legault, même constat, le vent de droite ne passera pas», ont scandé les manifestants.

Après quelques minutes, François Legault est descendu de la scène pour parler à l'étudiant qui l'avait interpellé en premier. Les deux hommes ont eu un échange musclé et le ton a rapidement monté.

M. Legault affirme qu'il a demandé à l'étudiant de venir débattre au micro, mais que ce dernier a refusé. «Il ne sont pas prêts à discuter, c'est ça qui est plate. Ce n'est pas de la démocratie», a-t-il expliqué à La Presse. «Quand on dit qu'on veut augmenter les frais de scolarité à l'université, on oublie de dire que cet argent-là, on le mettrait dans les milieux défavorisés et dans les écoles secondaires pour favoriser l'égalité des chances. L'égalité des chances ça se discute et ils ne veulent pas discuter.»

Le porte-parole de l'ASSÉ, Gabriel Nadeau-Dubois, a répliqué que M. Legault avait déjà profité de suffisamment de tribunes médiatiques pour faire passer son message.

«L'idée, c'est que l'on veut faire sentir à M. Legault que ses politiques ne sont pas appréciées par le milieu étudiant, lui faire sentir qu'il n'est pas à l'abri des critiques des mouvements sociaux parce qu'il n'est pas encore un parti politique. On veut lui faire sentir que l'on sait ce qu'il se cache derrière son masque et c'est des politiques encore plus à droite que celles de M. Charest», a-t-il déclaré en marge de la mêlée.

La perturbation a duré une vingtaine de minutes. Des policiers du Service de police de la Ville de Montréal sont intervenus pour inciter les manifestants à partir.

La rencontre d'aujourd'hui était l'avant-dernière de la tournée de la Coalition pour l'avenir du Québec. C'est la première fois que l'une des assemblées est interrompue.