La reconstruction de la centrale nucléaire de Gentilly-2, à Bécancour, et les contrats qui y sont associés devraient être inclus dans une éventuelle enquête publique sur l'industrie de la construction. C'est ce que soutient le mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN).

LA PRESSE CANADIENNE

De l'avis de Michel A. Duguay, physicien et professeur au département de Génie électrique à l'Université Laval, les dépassements de coûts dans le secteur nucléaire peuvent atteindre 200%.

En ce qui concerne Gentilly-2, M. Duguay s'attend à ce que le projet annoncé de deux milliards, atteigne éventuellement des investissements de quatre milliards de dollars pour la reconstruction.

À cela doit s'ajouter, selon des groupes environnementaux réunis samedi dans un forum public sur le nucléaire à Bécancour, les coûts à long terme liés au traitement des déchets radioactifs. En additionnant tous ces frais, Gentilly-2 pourrait représenter une facture totale de 8 à 10 milliards de dollars. Ce n'est pas rentable, selon le MSQN.

Cette analyse est notamment fondée sur une étude de l'agence fédérale américaine, qui s'est penchée sur les cas de 75 réacteurs nucléaires, où les dépassements de coûts ont été, en moyenne, de trois fois supérieurs aux investissements initiaux prévus. Le projet de Long Island a été le plus dispendieux, et à la fin, les autorités ont dû le fermer en raison de sa trop grande dangerosité.

Dans la documentation de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, dont le mandat est de réglementer l'utilisation de l'énergie et des matières nucléaires dans le but de protéger la santé de la population, les données sur Gentilly-2 n'ont pas de quoi rassurer.

Le réacteur Candu de la centrale a été conçu il y a 40 ans. Les références indiquent que les modèles physiques et les logiciels utilisés pour modéliser le réacteur étaient inadéquats dans les années 1970. Cette information fait dire à MSQN que l'entêtement à préserver un réacteur mal conçu dès le départ est un choix qui mérite que l'on s'interroge sur sa pertinence et sa viabilité à long terme.

Le forum «La reconstruction de Gentilly-2: à nos risques et périls», tenu samedi à Bécancour, a été organisé par Nature Québec. Des groupes comme l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), Maître chez-nous au 21e sièce et Sept-Îles sans uranium y ont également contribué.