Plus du quart des députés péquistes ont refusé mardi d'appuyer la position de Pauline Marois sur le controversé projet de loi 204.

Paul Journet LA PRESSE

Parmi les 46 députés, huit ont voté contre et quatre se sont abstenus de voter sur l'adoption de principe. L'adoption finale doit se faire mercredi, ou au plus tard jeudi.

«Il y a la perception qu'un traitement de faveur est accordé» à la ville de Québec et Quebecor, a justifié Bernard Drainville, un des péquistes qui a voté contre. Selon lui, la population est «très, très mal à l'aise avec ça».

Le projet de loi privé a été déposé au printemps par la péquiste Agnès Maltais. Il vise à immuniser le contrat de gestion du nouvel amphithéâtre contre les poursuites. Cela a déclenché une crise au PQ en juin dernier. La chef Pauline Marois a finalement dû permettre le vote libre à ses députés. Ils en ont profité.

En plus de M. Drainville, sept autres péquistes ont voté contre, mardi. Parmi eux: la nouvelle présidente du caucus, Monique Richard et les porte-parole en matière de Justice (Véronique Hivon), de Protection des consommateurs (Guy Leclair) et des Transports (Nicolas Girard). Ils ont été imités par Denise Beaudoin, Gilles Robert et Claude Cousineau.

Sans surprise, Amir Khadir et les ex-péquistes (Lisette Lapointe, Louise Beaudoin, Jean-Martin Aussant et Pierre Curzi) s'y sont aussi opposé.

Quelques péquistes influents se sont présentés en chambre pour le vote mais se sont abstenus: le responsable de la campagne de financement du parti, Pascal Bérubé, ainsi que les porte-parole en matière de Sécurité publique et de Relations internationales (Stéphane Bergeron et Alexandre Cloutier), en plus d'André Villeneuve.

Ces dissidents ont toutefois été discrets. Avant le vote, chaque député pouvait demander un droit de parole de 10 minutes pour faire valoir ses arguments. Les seuls opposants à le réclamer ont été les ex-péquistes ainsi que M. Khadir.

Mme Maltais a encore une fois défendu sa position hier. Elle a dit qu'elle représentait le «peuple». «Aucune malversation, aucune collusion, aucune corruption potentielle» ne pourront être couvertes par le projet de loi 204, a-t-elle insisté.

Comme le PQ, le chef de l'ADQ, Gérard Deltell, permettait le vote libre à ses trois députés. Seul M. Deltell s'est présenté en chambre pour voter pour. Sa leader parlementaire, Sylvie Roy, a toutefois indiqué qu'elle appuierait le projet de loi lors du vote final.

«Pas noir ou blanc»

D'autres péquistes ont attendu la toute dernière minute pour se rallier à la position de leur chef. Mardi midi avant leur caucus, certains comme Marie Malavoy disaient ne pas encore savoir comment voter. «C'est une décision qui est difficile, parce que c'est n'est pas noir ou blanc», renchérissait Denis Trottier, alors indécis.

Le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, doit présenter mercredi des amendements à la Loi sur les cités et villes. Ils permettront à toutes les municipalités de la province de conclure comme Québec des ententes de gré-à-gré pour la gestion de leurs infrastructures servant au sport et au divertissement. «Ça ferait partie des éléments positifs pour bonifier le dossier. Ce ne serait plus deux poids, deux mesures», indiquait mardi midi M. Trottier.

«Je vote pour (le projet de loi 204). La loi sur les cités et villes sera amendée en conséquence», a expliqué Scott Mckay sur Twitter peu après avoir donné son appui en chambre.