La syndic de l'Ordre des comptables agréés juge que Mario Bédard, vérificateur externe du Parti québécois, n'a pas enfreint son code de déontologie en participant à une activité-bénéfice de ce parti. Elle refuse toutefois de dire si son enquête sur ses liens avec le PQ est close, tandis qu'une autre investigation le concernant semble piétiner.

Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

Dans une lettre qu'elle a adressée le 6 juin à M. Bédard, qui est à la fois instigateur de la fondation J'ai ma place, qui amasse des fonds pour la construction d'un nouvel amphithéâtre à Québec, et directeur de la certification pour le compte de la firme Mallette, la syndic se dit satisfaite de ses explications et dit fermer le dossier.

Pendant plusieurs semaines, Mallette a fait la promotion de cette activité-bénéfice du PQ, à laquelle participait son associé Mario Bédard pour promouvoir le projet d'amphithéâtre et l'organisme J'ai ma place, en plus d'afficher un logo du PQ - qui a disparu depuis -, ce que note aussi la syndic dans sa lettre à Mario Bédard.

Mais la missive de la syndic ne fait aucunement référence au fond de l'enquête, c'est-à-dire au fait que M. Bédard est le vérificateur externe du PQ, pour lequel il a longtemps collecté des fonds en plus de travailler dans l'organisation d'André Boisclair et dans celle de la députée Agnès Maltais.

Sur ce point, l'Ordre s'est refusé à tout commentaire malgré notre insistance: «On ne peut ni confirmer ni infirmer quoi que ce soit dans le dossier de M. Bédard», a dit Roxane Plante, porte-parole.

Hier, Mario Bédard a exprimé sa satisfaction dans un communiqué.

Autre enquête

Une autre enquête qui vise aussi M. Bédard, pour des motifs similaires, semble au point mort.

André Letendre, ancien conseiller municipal et vérificateur de la Ville de Québec, sermonne l'Ordre des comptables agréés, qui n'a toujours pas dévoilé ses conclusions à la suite de la plainte qu'il a portée il y a 19 mois contre la firme Mallette et Mario Bédard, qui a agi à titre de vérificateur des comptes de la Ville.

Aux yeux du plaignant, M. Bédard est trop proche du maire Labeaume pour mener sa mission avec l'indépendance requise.

«J'ai toujours espéré que ce dossier soit traité de façon diligente. Un tel délai commence à m'apparaître comme vraiment abusif», écrit André Letendre dans une lettre ouverte intitulée «Rappel à l'Ordre», que La Presse a obtenue. Le plaignant déplore aussi la paralysie du «processus décisionnel».

André Letendre avait écrit le 9 novembre 2009 pour remettre en question «l'indépendance et l'impartialité» de Mario Bédard en raison de son rôle de fondateur de J'ai ma place. L'organisme, doublé d'une fondation du même nom, fait depuis 2008 la promotion de la construction d'un nouvel amphithéâtre et récolte des fonds qui seront remis à la Ville de Québec pour participer au financement du projet.

«Une telle sollicitation en vue de recevoir un avantage peut-elle mettre en position très délicate le rôle même de la société Mallette, comptables agréés comme vérificateur externe», écrit-il.

Il insiste aussi sur l'«allégeance politique» de Mario Bédard, qui «a été collecteur de fonds» pour l'équipe Labeaume lors des élections de 2007 et de 2008, en plus d'être trésorier d'OBNL à qui la Ville verse des subventions «d'au moins 100 000$». C'est le cas des Fêtes du 400e anniversaire de la ville, par exemple. M. Letendre a demandé à la syndic si Mario Bédard n'est pas «susceptible d'être à la fois juge et partie».

Le code de déontologie de l'Ordre interdit toute proximité et conflit d'intérêts afin de préserver l'indépendance de ses membres.

La syndic de l'Ordre n'a pas souhaité faire de commentaire.