En refusant de déclencher une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur les liens entre le milieu de la construction et le crime organisé, le premier ministre Charest se trouve «de plus en plus isolé», affirme Pauline Marois.

Publié le 16 nov. 2010
Daphné Cameron LA PRESSE

Appelée à réagir aux récents propos du leader de l'Action démocratique du Québec Gérard Deltell - qui a qualifié M. Charest de «parrain» de la famille libérale -, la chef du Parti québécois a rappelé l'importance d'une telle commission.

«Je vais lui laisser la paternité de ses propos», a-t-elle affirmé à La Presse au cours d'un entretien téléphonique. «Mais M. Charest aurait tout à gagner de prendre la bonne décision. Les dernières révélations tendent à démontrer qu'il y aurait des liens entre des entrepreneurs et des membres de la mafia et ça, c'est très inquiétant.»

Pour la première fois hier, l'Union des municipalités du Québec a demandé que le gouvernement tienne une commission d'enquête, a souligné la chef de l'opposition officielle.

«Le premier ministre n'entend pas sa population, a-t-elle déploré. C'est pour cela qu'il y a une telle défection à son endroit et à l'endroit de son parti.»

Au cours du week-end, les militants de la circonscription de Crémazie ont adopté une proposition visant à modifier l'article 1 sur la souveraineté qui prévoit qu'un gouvernement péquiste tiendrait un référendum «au moment jugé opportun». Ils souhaitent qu'une commission pour préparer la souveraineté soit mise sur pied dès le printemps prochain. Cette proposition sera présentée au congrès régional et peut-être au congrès national.

«À mon avis, l'article 1 est suffisamment clair pour nous permettre, au lendemain d'élections, de nous mettre en marche pour réaliser la souveraineté... Je comprends que les militants soient pressés de la réaliser, on l'est tous. Mais je dois préserver l'avenir et, avant de déclencher un référendum, je dois m'assurer d'avoir une chance réelle de l'emporter.»