L'opposition péquiste réclame la tête du ministre de la Famille, Tony Tomassi. Cette demande, formulée jeudi par le député de Gouin, Nicolas Girard, survient à la suite d'autres appels à la démission de ministres du gouvernement Charest formulés par le Parti québécois (PQ) au cours des derniers mois.

Jocelyne Richer LA PRESSE CANADIENNE

Celle visant le ministre Tomassi s'ajoute donc aux démissions réclamées de l'ex-ministre du Travail, David Whissell, et des actuels ministres des Transports, Julie Boulet, et délégué aux Transports, Norman MacMillan.

La semaine dernière, la chef péquiste Pauline Marois était passée à un cheveu de demander aussi la démission de la ministre de la Justice, Kathleen Weil, dans la foulée des remises en question du processus de nomination des juges, mais elle n'était pas allée jusque-là.

En mars, Mme Marois avait aussi remis en question la compétence du ministre Tomassi.

Dans tous les cas, le PQ justifie ses demandes de démission par des accrocs présumés aux règles d'éthique et diverses allégations de favoritisme ou de collusion.

Dans le cas du ministre Tomassi, une des principales têtes de turc de l'opposition, le PQ dénonce à répétition depuis des mois un présumé scandale dans l'attribution des places en garderie, lors de l'appel d'offres de 2007-2008 dirigé par la ministre de l'époque, Michelle Courchesne, et juge qu'il n'est donc plus apte à exercer ses fonctions.

On lui reproche notamment de ne pas rendre publics les rapports d'évaluation des demandes de places soumises en 2008, de refuser une enquête du vérificateur général sur le processus d'attribution des places, et surtout d'avoir donné des centaines de places à de généreux contributeurs et organisateurs libéraux proches de lui.

Selon le député de Gouin, l'attribution de places en garderie a été travestie, pour devenir un mode privilégié de financement du Parti libéral du Québec (PLQ).

«Est-ce que je dois comprendre que c'est pour ça que le premier ministre endosse à 100 pour cent tout ce que fait le ministre, qu'il refuse de le sanctionner, puis de lui demander de démissionner du conseil des ministres?», a-t-il demandé, en Chambre, au premier ministre Jean Charest.

Mais ce dernier n'a pas relevé le gant.

N'ayant pas obtenu de réponses à ses questions, M. Girard a fait un cumul d'une série d'allégations déjà connues.

«Il y a eu 33 projets qui ont été accordés à des promoteurs qui ont contribué pour 134 000 $ au Parti libéral pour 1600 places. Il y a deux chaînes de garderies pour des gens qui ont contribué pour plus de 155 000 $ au Parti libéral. Il y a six membres de l'exécutif de la circonscription du député de Lafontaine qui ont obtenu des places en garderie», a-t-il dit.

Le ministre Tomassi a répliqué pour dire qu'il s'agissait uniquement d'insinuations.