Après avoir donné sa version au cabinet de Justin Trudeau, derrière les portes closes, l'ancienne ministre Jody Wilson-Raybould sera invitée à témoigner devant le comité permanent de la justice de la Chambre des communes.

JOËL-DENIS BELLAVANCE ET FANNY LÉVESQUE LA PRESSE

Au terme d'une journée rocambolesque, en ce jour de rentrée parlementaire après la démission du plus proche conseiller de Justin Trudeau, Gerald Butts, en lien avec l'affaire SNC-Lavalin, les membres du comité de la justice se sont réunis à huis clos afin de déterminer la liste de témoins à convoquer pour éclaircir cette controverse qui ébranle le gouvernement depuis près de deux semaines.

Le comité a finalement accepté de convoquer huit témoins, dont Mme Wilson-Raybould, au cours des prochains jours. L'horaire des témoignages n'a pas encore été arrêté.

Présente aujourd'hui aux Communes, la principale intéressée a fait savoir qu'elle est prête se présenter devant le comité de justice, une fois qu'elle aura obtenu tous les avis juridiques concernant ce qu'elle pourra ou ne pourra dire en tant qu'ancienne titulaire du ministère de la Justice.

« Le Comité permanent de la justice s'est réuni aujourd'hui et a accepté d'inviter huit témoins, dont l'honorable Jody Wilson-Raybould, députée de Vancouver Granville. Nous sommes convaincus que leurs points de vue nous aideront, nous et les Canadiens, à mieux comprendre la situation. Après la participation de Mme  Wilson-Raybould, le Comité se réunira pour déterminer les prochaines étapes. Les Canadiens s'attendent à ce que nous traitions cette question avec sérieux et équité et que nous agissions avec intégrité.   C'est ce que nous faisons », ont affirmé dans une déclaration commune les députés libéraux du comité.

Pour l'heure, le comité a écarté l'idée de convoquer l'ancien proche collaborateur de Justin Trudeau, Gerald Butts.

Après avoir participé à la réunion du cabinet, alors qu'elle n'est plus ministre depuis une semaine, Mme Wilson-Raybould s'est brièvement adressée aux médias-chose qu'elle ne faisait que très rarement à l'époque où elle était ministre.  

« Je consulte toujours mon conseiller juridique, ce que je pense que les gens comprennent, ou devraient comprendre, sur les règles et les lois sur le privilège, sur la confidentialité, sur ma responsabilité en tant que membre du Parlement », a-t-elle déclaré.

« Mes responsabilités éthiques et professionnelles en tant qu'avocate sont multiples et incroyablement compliquées, alors je travaille toujours avec mon avocat », a ajouté l'ex-ministre de la Justice et procureure générale avant de s'engouffrer dans un ascenseur-là, elle a pris la peine de mentionner qu'elle était encore membre du caucus libéral quand la question lui a été posée.

Le premier ministre Justin Trudeau a par la suite expliqué l'étonnante présence de Jody Wilson-Raybould-qui a claqué la porte du conseil des ministres la semaine dernière dans la foulée de l'affaire SNC-Lavalin-à cette réunion qui s'est étirée sur environ quatre heures.

« Mme  Wilson-Raybould a demandé de venir parler au cabinet, et on l'a invitée (à) venir. Mais évidemment, ce qui est discuté au cabinet demeure une confidence du cabinet », a-t-il spécifié avant de s'engouffrer dans la Chambre des communes pour la période des questions.

Dans les banquettes conservatrices, on a réclamé à cor et à cri du premier ministre qu'il renonce au secret avocat-client qui limite Jody Wilson-Raybould dans les propos qu'elle peut exprimer publiquement - à titre de procureure générale, elle était l'avocate du gouvernement.

En réponse à cette requête, Justin Trudeau a spécifié qu'il a demandé à son nouveau ministre de la Justice et procureur général, David Lametti, de lui fournir un avis juridique. Cela sera fait « en temps opportun », a mentionné le ministre Lametti, sans fournir davantage d'indices sur l'échéancier.

- Avec La Presse canadienne