Le Parti conservateur demandera formellement aujourd'hui au premier ministre de s'engager par écrit à ne jamais hausser le fardeau fiscal des contribuables pour rétablir l'équilibre budgétaire.

Mis à jour le 29 janv. 2019
JOËL-DENIS BELLAVANCE LA PRESSE

Cette demande prendra la forme d'une motion qui sera déposée aujourd'hui à la Chambre des communes, au deuxième jour de la reprise des travaux parlementaires, par le porte-parole du Parti conservateur en matière de finances, le député Pierre Poilievre.

À neuf mois du scrutin fédéral, les conservateurs comptent visiblement faire de la gestion des finances publiques par le gouvernement Trudeau depuis son arrivée au pouvoir en 2015 l'un des enjeux dominants de la prochaine campagne.

La motion conservatrice rappellera d'ailleurs que le premier ministre a rompu sa promesse électorale de rétablir l'équilibre budgétaire au plus tard en 2019 après avoir aussi promis de présenter de «modestes déficits» ne dépassant pas les 10 milliards de dollars par année. Selon les conservateurs, «les déficits perpétuels et croissants» - qui ont frisé les 20 milliards annuellement sous les libéraux - entraîneront inévitablement «d'énormes hausses d'impôts».

Dans leur motion, les troupes d'Andrew Scheer invitent donc la Chambre des communes à demander «au premier ministre de déposer, avec le budget de 2019, un plan pour l'élimination rapide du déficit, en s'engageant par écrit à ne jamais hausser les impôts, sous quelque forme que ce soit».

Un débat aura lieu sur cette question aujourd'hui, et les députés seront appelés à voter sur la motion la semaine prochaine. Dans une déclaration transmise à La Presse hier soir, le chef conservateur Andrew Scheer soutient que les Canadiens se rendent de plus en plus compte que «si Justin Trudeau est réélu en octobre, leurs impôts vont augmenter».

«Sa promesse d'équilibrer le budget cette année est chose du passé et ses déficits sont hors de contrôle. Ses déficits deviendront les impôts de demain. Ça ne pourrait pas arriver à un pire moment pour les Canadiens, dont nombre sont déjà en difficulté et voient leurs espoirs et leurs aspirations devenir encore plus inaccessibles», a affirmé M. Scheer.

«C'est pourquoi les conservateurs présentent une motion demandant des comptes à Justin Trudeau parce qu'il a brisé sa promesse d'équilibrer le budget et le pressant de ne pas faire payer les Canadiens pour ses déficits avec des impôts plus élevés.»

«Les conservateurs pressent les Canadiens d'appeler leur député pour lui demander de soutenir cette motion. Ils ne peuvent plus se permettre de payer pour les erreurs de Justin Trudeau.»

Critiques en bloc

Aux Communes, hier, les députés conservateurs se sont d'ailleurs levés à tour de rôle pour critiquer l'absence d'un plan de retour à l'équilibre budgétaire du gouvernement Trudeau.

«On s'aligne sur un déficit cumulé de plus de 80 milliards pour ce mandat libéral. Pourtant, le premier ministre avait fait la promesse formelle en 2015 que nous serions en équilibre budgétaire à la fin de cette année», a déclaré Alain Rayes, député conservateur de Richmond-Arthabaska.

«Le directeur parlementaire confirme qu'avec l'irresponsabilité du premier ministre et de son ministre des Finances, nous ne retournerons pas à l'équilibre budgétaire avant 2040. Le premier ministre aime bien dire à tout le monde que les budgets s'équilibrent tout seuls. Peut-il nous dire maintenant qui va payer pour ces déficits?», a poursuivi M. Rayes, qui est aussi le lieutenant politique d'Andrew Scheer au Québec.

Recette libérale

À plusieurs reprises, le ministre des Finances Bill Morneau a affirmé que la recette libérale rapporte d'importants dividendes pour l'économie canadienne, laquelle affiche encore l'un des meilleurs taux de croissance des pays du G7.

«Nous avons été clairs que nous allions faire des investissements pour les Canadiens et les Canadiennes. [...] On a fait des investissements dans la classe moyenne et on a eu des résultats très importants.»

«Maintenant, on a un niveau de chômage le plus bas depuis plus de 40 ans. On a un niveau de croissance important en même temps. Nous allons continuer de faire des investissements. C'est très important pour l'avenir et en même temps, on peut le faire avec une approche responsable au niveau budgétaire», a affirmé le grand argentier du pays.

Pour sa part, le premier ministre a accusé les conservateurs de vouloir, dans leur quête de rétablir l'équilibre budgétaire le plus rapidement possible, sabrer les programmes cruciaux pour les familles moins nanties, notamment l'allocation canadienne pour enfants, laquelle a fait selon lui «une différence» dans la vie de beaucoup de familles depuis son introduction en juillet 2016.