Le Nouveau Parti démocratique (NPD) reviendra à la charge après avoir échoué dans sa première tentative de sommer Netflix de faire disparaître les images de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic et de verser un dédommagement financier à la communauté.

Mis à jour le 28 janv. 2019
MÉLANIE MARQUIS LA PRESSE CANADIENNE

Le député néo-démocrate Pierre Nantel n'a pas obtenu le consentement unanime de la Chambre pour le dépôt d'une motion allant en ce sens, lundi, jour de rentrée parlementaire à Ottawa.

La motion demandait au géant américain du divertissement qu'il « retire de son catalogue toute image de la tragédie de Lac-Mégantic, qui a coûté la vie à 47 personnes » et « compense financièrement la communauté de Lac-Mégantic ».

Car ces images ont été utilisées « à des fins de divertissement » et « sans égards pour le traumatisme vécu par les citoyens, les survivants, et les proches des victimes », stipulait la motion dont le dépôt a été refusé.

Ce refus a été attribué à une erreur technique par le député Nantel, qui a fait part de son intention de tenter le coup à nouveau mardi. Il pourra compter sur l'appui des conservateurs, a assuré l'élu de Mégantic-L'Érable, Luc Berthold.

« Il n'était pas question qu'on bloque cette motion-là du côté des conservateurs. Dans le dossier de Lac-Mégantic, tous les parlementaires travaillent ensemble », a-t-il indiqué, jugeant qu'il est « inacceptable que des images comme celles-là soient vendues à des producteurs ».

Le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a soutenu que l'objection ne venait pas non plus de son camp. Il a souligné qu'il appuyait la motion néo-démocrate.

« Nous, on était d'accord. Il n'y a pas de libéral qui a dit non », a-t-il plaidé. Il estime que Netflix « a agi de façon très insensible, avec un grand manque de jugement », et dit toujours espérer qu'ils effacent ces séquences vidéo.

L'utilisation des images de la catastrophe ferroviaire survenue en juillet 2013, que l'on voit notamment dans le très populaire film « Bird Box », a suscité l'indignation de la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy.

Elle avait ainsi écrit à l'entreprise pour lui demander de procéder à leur retrait.

La société n'a pas accédé à cette demande. Mais dans une lettre envoyée la semaine dernière à la ministre, Netflix a présenté ses excuses et promis de faire mieux à l'avenir.

Dans cette missive, la directrice des politiques publiques chez Netflix, Corie Wright, a assuré avoir présenté ses excuses directement à la mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin.

L'entreprise de diffusion de contenu en ligne a argué que l'utilisation d'images d'archives constitue une pratique courante et répandue dans l'industrie du cinéma et de la télévision.

« Netflix ne connaissait pas la source de ces images et comprend que plusieurs personnes aient ressenti de la frustration et de la tristesse en revoyant des images de cette tragédie », a écrit Mme Wright.