Le PDG d'une agence fédérale de promotion des investissements étrangers - et ex-directeur national du Parti libéral du Canada - a démissionné la semaine dernière du conseil d'administration d'une société de portefeuille spécialisée dans la production de cannabis, après avoir été rappelé à l'ordre par le commissaire aux conflits d'intérêts.

Mis à jour le 25 janv. 2019
ANDY BLATCHFORD LA PRESSE CANADIENNE

Le commissaire fédéral aux conflits d'intérêts et à l'éthique, Mario Dion, a conclu le 15 janvier qu'Ian McKay n'avait pas divulgué toutes ses activités dans les 60 jours de sa nomination à la direction de l'agence Investir au Canada, comme le prévoit la Loi sur les conflits d'intérêts. Selon le bureau du commissaire Dion, le rôle de M. McKay en tant qu'administrateur chez Nesta Holdings n'était plus autorisé après sa nomination, par le gouvernement Trudeau, à la tête d'Investir au Canada, en mars 2018.

Dans sa décision du 15 janvier, M. Dion ordonnait à M. McKay de démissionner du conseil d'administration de Nesta Holdings et de soumettre au Commissariat, dans les 10 jours, une preuve que le président du conseil d'administration de cette société avait bel et bien reçu sa démission.

M. McKay a démissionné deux jours après avoir reçu cette ordonnance, a assuré vendredi à La Presse canadienne Chuck Rifici, PDG de Nesta Holdings. À l'agence Investir au Canada, vendredi, un porte-parole a indiqué que M. McKay n'était pas immédiatement disponible pour commenter l'affaire.

Ian G. McKay a été directeur national du Parti libéral du Canada de 2010 à 2013. Il a aussi été brièvement l'émissaire personnel du premier ministre Justin Trudeau au cours de négociations commerciales ardues avec le Japon et les pays du Pacifique. Il avait été candidat libéral malheureux à Vancouver lors des élections de 2000.

La chef adjointe des conservateurs à Ottawa, Lisa Raitt, a qualifié l'omission de M. McKay d'« absolument scandaleuse ».

Le site internet de Nesta Holdings, d'Ottawa, la décrit comme une « société d'investissement privé qui crée des partenariats et des marques dans le secteur du cannabis ». Son PDG, Chuck Rifici, est un ancien directeur des finances du Parti libéral du Canada, dont il a été trésorier pendant cinq ans, jusqu'en juin 2016. M. Rifici est aussi cofondateur et ancien PDG de l'entreprise Canopy Growth, qui est maintenant l'un des plus importants producteurs de cannabis au monde.

Le gouvernement Trudeau a annoncé à l'automne 2016 la création de l'agence Investir au Canada, dotée d'un budget de 218 millions sur cinq ans. L'agence a pour objectif d'attirer les investissements mondiaux et de simplifier le processus permettant aux entreprises étrangères de s'établir au Canada. Elle a également fait les manchettes l'année dernière pour les honoraires payés à un consultant afin de lui trouver un nom. On a appris qu'il en aura coûté aux contribuables 24 000 $ pour finalement changer, en anglais, « Invest in Canada Hub » par « Invest in Canada ».