Le Parti conservateur continue de recruter des candidats issus du monde municipal en prévision des élections fédérales du 21 octobre prochain. Le maire de Montréal-Est, Robert Coutu, compte en effet porter les couleurs du Parti conservateur aux prochaines élections dans La Pointe-de-l'Île, une circonscription détenue par l'ancien chef du Bloc québécois, le député Mario Beaulieu.

Mis à jour le 22 janv. 2019
JOËL-DENIS BELLAVANCE LA PRESSE

Selon des informations obtenues par La Presse, le chef conservateur Andrew Scheer confirmera la candidature du maire de Montréal-Est aujourd'hui en compagnie de son lieutenant politique au Québec, Alain Rayes, et de l'ex-chef du Bloc québécois Michel Gauthier, qui a rejoint les rangs du Parti conservateur en mai dernier.

Cette annonce surviendra 24 heures après que M. Scheer, visiblement en campagne de séduction, eut pris quelques engagements électoraux touchant le Québec lors d'une conférence de presse à Montréal, proposant notamment d'instaurer une déclaration d'impôts unique pour les contribuables québécois et d'accorder plus d'autonomie à la province en matière d'immigration, entre autres choses.

Dans les rangs conservateurs, on estime que la candidature de Robert Coutu est un puissant signal selon lequel le Parti conservateur met tout en oeuvre afin de faire une percée dans la région de Montréal.

On souligne d'ailleurs que lors des élections provinciales du 1er octobre dernier, la Coalition avenir Québec a remporté la victoire dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, qui chevauche en bonne partie les limites de la circonscription fédérale de La Pointe-de-l'Île.

«Un maire qui se présente contre Mario Beaulieu dans l'une des deux circonscriptions que la CAQ a gagnées dans l'île de Montréal, cela démontre que nous visons clairement les circonscriptions du Bloc québécois, même dans la grande région de Montréal», a indiqué une source conservatrice, qui a requis l'anonymat.

Maire de Montréal-Est depuis une décennie

Natif de Sudbury, en Ontario, Robert Coutu est maire de Montréal-Est depuis 2009. Titulaire d'un MBA de l'Université du Québec à Montréal et d'un EMBA de l'Université de Paris-Dauphine, M. Coutu a notamment oeuvré à la relance économique de Montréal-Est après la fermeture de la raffinerie Shell et sa conversion en un terminal pétrolier. Il est d'ailleurs à l'origine de la création du Comité de développement de l'Est de Montréal. Il a aussi siégé au sein de plusieurs comités de la ville et des commissions permanentes de la ville de Montréal.

M. Coutu deviendra ainsi le 33e candidat conservateur confirmé au Québec par les autorités du parti en prévision des élections fédérales de l'automne prochain. Il y a quelques semaines, les troupes d'Andrew Scheer ont annoncé que deux anciens députés adéquistes, soit François Desrochers et François Corriveau, porteront les couleurs du Parti conservateur respectivement dans Mirabel et Manicouagan, deux circonscriptions qui sont détenues par des élus bloquistes. Dans Mirabel, M. Desrochers tentera de déloger le député bloquiste Simon Marcil tandis que dans Manicouagan, M. Corriveau fera la lutte à la députée Marlène Gill.

Le nom de Robert Coutu s'ajoute donc à une longue liste d'élus municipaux ou anciens édiles qui comptent briguer les suffrages pour le Parti conservateur. À titre d'exemple, le conseiller municipal de Saint-Amable, Mathieu Daviault, se frottera au député bloquiste Xavier Barsalou-Duval dans Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères. Dans Beauce, l'ancien maire de Saint-Elzéar, Richard Lehoux, affrontera le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, qui a été élu sans interruption dans sa circonscription depuis 2006 et qui a claqué la porte de son parti en août.

En octobre, l'ancien maire de Rouyn-Noranda, Mario Provencher, a annoncé qu'il sera candidat du Parti conservateur dans Abitibi-Témiscamingue au prochain scrutin.

Marquer des points au Québec

«Nous recevons plusieurs candidatures très intéressantes et nous sommes heureux de constater l'engouement grandissant des Québécois à appuyer notre formation politique», a soutenu une source conservatrice.

«Nous sommes présents sur le terrain et nous continuerons d'être à l'écoute des Québécois, nous sommes la seule option de rechange crédible aux libéraux de Justin Trudeau.»

Misant également sur des gains au Québec afin d'obtenir un deuxième mandat majoritaire en octobre, les libéraux de Justin Trudeau ont critiqué les engagements électoraux annoncés hier par Andrew Scheer.

«Au cours des trois dernières années, les conservateurs ont été occupés à voter contre des politiques pouvant aider la classe moyenne au Québec. Andrew Scheer s'est opposé à l'Allocation canadienne pour enfants qui donne plus d'argent aux familles, et les conservateurs ont voté contre nos baisses d'impôt pour la classe moyenne», a affirmé le ministre des Infrasructures et des Collectivités, Francois-Philippe Champagne.

«Les conservateurs prétendent qu'ils veulent aider les Québécois, mais cela ne pourrait pas être plus faux. C'est encore le parti de Stephen Harper», a-t-il ajouté.