Yves-François Blanchet a signifié vouloir devenir un allié du gouvernement de François Legault sur la scène fédérale et souhaiter accorder une place importante à la lutte contre les changements climatiques, lors du lancement de sa campagne à la chefferie du Bloc québécois, samedi, à Montréal.

Mis à jour le 15 déc. 2018
MARISSA GROGUHÉ LA PRESSE

C'est maintenant officiel : en présence d'environ 200 personnes, au Cabaret du Lion d'or, à Montréal, Yves-François Blanchet a donné le départ à sa campagne à la direction, à dix mois maintenant des prochaines élections fédérales.

L'ancien ministre péquiste et commentateur politique est présentement seul à la ligne de départ de cette course.

Alors que le risque d'un manque de débat d'idées a été évoqué ces derniers jours, M.  Blanchet assure qu'il ne manquera pas de discussions même s'il est le seul candidat. « Que ça vienne d'une course formelle ou pas, il y en aura, des discussions d'idées », a-t-il assuré devant ses partisans, mentionnant notamment les réseaux sociaux comme une plateforme pour des débats.

Yves-François Blanchet a également soutenu vouloir être un partenaire du gouvernement provincial s'il accédait à la chefferie. « François Legault aura en moi un allié à la Chambre des communes d'Ottawa », a-t-il déclaré.

Il a signifié une envie de collaboration avec les députés de Québec solidaire et du Parti québécois, des « frères et soeurs indépendantistes ». Il n'est toutefois pas question de chercher à tout prix l'appui des partis provinciaux.

Des députés péquistes étaient de l'événement de samedi, mais aucun élu solidaire n'a répondu présent à l'invitation tendue par le Bloc québécois.

« Plus de femmes » au Bloc

Yves-François Blanchet a donné une grande place à l'environnement dans son discours d'une quarantaine de minutes, samedi. « Il est impossible d'adhérer à un Québec écologique et propre et d'adhérer au Canada en même temps. Impossible », a-t-il martelé.

« Nous voulons notre propre pays. Encore faut-il que ce pays soit propre. Et ça, il n'y a que nous qui puissions le faire », a signifié le candidat.

Il a principalement, bien sûr, été question d'indépendance du Québec, qui doit être conjointe à la défense des intérêts des Québécois au Parlement. Il ne s'agit pas de placer l'un des deux mandats devant l'autre, a rappelé M.  Blanchet. « Un député du Bloc québécois siège à Ottawa, mais son parlement est à Québec », a-t-il déclaré.

Il a également signifié que même s'il n'accèdera pas au pouvoir à Ottawa, chose qu'il ne veut pas de toute façon, le Bloc québécois a sa raison d'être, par la force de ses députés élus. Yves-François Blanchet s'est d'ailleurs dit optimiste de remporter « au-delà de 20 sièges » aux prochaines élections.

La période de remise de candidature pour le poste de direction du Bloc prend fin le 15  janvier. Si personne ne se présente contre Yves-François Blanchet d'ici là, ce dernier sera directement couronné.

Si un autre candidat décidait de se mesurer à lui, le choix du nouveau chef se fera le 24  février prochain.

La presque totalité du caucus bloquiste était présente au lancement samedi. Sept élus sont montés sur scène durant le discours de l'aspirant chef. Il ne manquait que Marilène Gill et Monique Pauzé. En l'absence de deux députées, seuls des hommes se trouvaient sur scène aux côtés de M. Blanchet, une « démonstration que nous voulons plus de femmes », selon lui.

Soutien quasi total

Les députés Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill, qui étaient restés fidèles à Martine Ouellet jusqu'à ce qu'elle perde le vote de confiance de juin dernier, ont signifié leur appui à M. Blanchet vendredi, portant à neuf le nombre de députés derrière sa candidature.

Seul Michel Boudrias ne s'est pas encore rangé derrière lui. Il a annoncé la semaine dernière qu'il ne se présenterait pas comme candidat à la chefferie, signifiant du même coup qu'il n'appuierait aucun candidat dans la course.

Yves-François Blanchet, 53 ans, a été député péquiste dans Drummond, puis dans Johnson entre 2008 et 2014, Yves-François Blanchet a notamment été ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs du gouvernement de Pauline Marois.

Défait en 2014, il est devenu chroniqueur politique sur les ondes de Radio-Canada et pour le Groupe Capitales Médias.