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Conflits d'intérêts: l'ex-commissaire Mary Dawson pour un changement à la loi

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Justin Trudeau et l'Aga Khan lors d'une rencontre à Ottawa en 2016.

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Lina Dib
La Presse Canadienne
Ottawa

Celle qui a jugé que Justin Trudeau et l'Aga Khan n'étaient pas des amis, quoi qu'en dise le premier ministre, estime que la Loi sur les conflits d'intérêts devrait, de toute manière, ne pas permettre d'exception pour les cadeaux d'amis.

L'ex-commissaire Mary Dawson témoignait, mercredi, devant le comité parlementaire sur l'éthique qui étudie le rapport qu'elle a signé en décembre sur les vacances de M. Trudeau chez l'Aga Khan. Mardi, les députés libéraux, majoritaires au comité, ont bloqué la tentative de l'opposition de convoquer M. Trudeau lui-même devant eux pour commenter le rapport de Mme Dawson.

Les parlementaires se sont donc tournés vers celle qui a quitté lundi son poste de commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique.

En réponse à leurs questions, Mme Dawson a admis qu'il n'y avait pas de critères objectifs pour définir l'amitié. Elle estime, cependant, que la loi devrait se contenter d'interdire les cadeaux donnés dans le but d'influencer un élu, sans offrir une exception pour les cadeaux d'amis. Un cadeau d'un véritable ami ne serait jamais donné dans ce but, a-t-elle fait remarquer.

«Ce serait une bonne idée d'enlever cette exception», a offert Mme Dawson lors de son témoignage.

«Dans la plupart des cas, si (un cadeau) vous a été donné par un ami, ce ne serait probablement pas vu comme une tentative de vous influencer», a-t-elle dit aux députés, ajoutant que cette exception ajoute un poids gênant. «Ce n'est pas gentil quand M. Trudeau doit se faire dire ou se voit, lui, obligé de dire que l'Aga Khan n'est pas un ami.»

En fait, M. Trudeau a maintenu que l'homme qui l'a invité sur son île privée est un ami, même s'il ne lui a pas parlé pendant 30 ans.

«Quels sont les critères qui définissent ce qu'est un ami ? (...) Un ami que j'ai eu jusqu'à l'âge de 14 ans, Charles - que je salue parce qu'on ne s'est pas revu depuis 40 ans - est encore un ami. Ça fait 40 ans qu'on ne s'est pas vus, mais quand même», a argué Michel Picard, un des députés libéraux qui siègent au comité parlementaire.

En réponse à ça, l'ex-commissaire a admis que son jugement sur l'amitié est subjectif. «Je ne sais pas s'il y a une autre façon de le faire», a-t-elle cependant insisté.

Fin décembre, Mme Dawson a publié un rapport - le plus long de sa carrière de commissaire - où elle conclut que M. Trudeau a contrevenu à quatre articles de la loi en passant ses vacances sur l'île privée de l'Aga Khan.

Ces infractions ne sont accompagnées d'aucune sanction. Devant le comité, mercredi, Mme Dawson a déclaré que la «publicité» faite à ce genre d'affaires et l'impact sur les chances de réélection d'un élu suffisent comme sanctions et ont pour effet d'«encourager le respect» de la loi.

Mme Dawson a ainsi noté les déclarations publiques du premier ministre depuis son rapport, M. Trudeau assurant que dorénavant il demanderait l'avis du commissaire sur ses projets de vacances.

Conservateurs et néo-démocrates au comité ont voulu savoir ce qu'aurait dit Mme Dawson au premier ministre s'il était passé par elle avant d'accepter l'invitation de l'Aga Khan.

«J'aurais probablement dit non, en fonction de la quantité d'informations qu'on m'aurait fournie. Si j'avais su tout ce que je sais ici (dans le rapport), c'est probablement le conseil que j'aurais donné», a-t-elle répondu au député Nathan Cullen.

L'élu néo-démocrate n'est cependant toujours pas satisfait du manque de sanctions prévues par la loi.

«Si la règle est de demander pardon plutôt que de demander la permission... c'est un défi pour un chien de garde de s'assurer que les gens agissent de manière éthique», a fait valoir M. Cullen.

Avant de partir, l'ex-commissaire a fait une dernière mise en garde aux élus.

«Quand vous vous retrouvez dans une position de pouvoir et que vous êtes en train de développer une relation avec quelqu'un, faites attention. (...) C'est là une situation où vous devez être très prudent», a déclaré Mme Dawson.

Avant de clore la réunion, le député conservateur Peter Kent a tenté, une fois de plus et toujours en vain, de convoquer le premier ministre devant le comité.




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