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Crise des médias: un comité d'élus claque la porte au nez de la FNC

Conférence de presse à l'occasion du lancement d'une... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Conférence de presse à l'occasion du lancement d'une campagne pour demander au gouvernement fédéral de soutenir la presse écrite. De gauche à droite : Vincent Marissal et Pascale St-Onge.

Photo Martin Chamberland, La Presse

(OTTAWA) Un comité parlementaire dominé par les libéraux a refusé d'entendre les représentants de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), cette semaine à Ottawa. Le Comité permanent du patrimoine canadien n'avait pourtant rien d'autre de prévu à son ordre du jour, si bien que la séance habituelle du mercredi a été annulée.

Pierre Nantel du NPD et député fédéral pour... (Photo Robert Skinner, Archives La Presse) - image 1.0

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Pierre Nantel du NPD et député fédéral pour Longueuil Saint Hubert.

Photo Robert Skinner, Archives La Presse

Hedy Fry, la présidente du Comité permanent du... (Photo Adrian Wyld, La Presse Canadienne) - image 1.1

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Hedy Fry, la présidente du Comité permanent du patrimoine canadien.

Photo Adrian Wyld, La Presse Canadienne

« Le député du NPD Pierre Nantel voulait nous inviter au Comité permanent, mais finalement, on a été désinvités », a résumé Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN, qui se trouvait cette semaine dans la capitale fédérale pour sensibiliser les élus à la crise de la presse écrite.

Le comité se réunit normalement deux fois par semaine pour discuter d'une série d'enjeux. Ce groupe parlementaire est composé de neuf élus libéraux, de trois conservateurs et d'un néo-démocrate.

Pendant la réunion de lundi, Pierre Nantel a présenté une motion pour inviter les représentants de la FNC-CSN à venir témoigner mercredi. Sa proposition aurait vraisemblablement été rejetée au terme d'un vote tenu à huis clos.

« Je trouve ça dommage qu'on n'ait finalement pas pu entendre la délégation, alors qu'on constate que le comité n'a même pas siégé en fin de compte, a déploré M. Nantel à La Presse. Je pense que les libéraux ne saisissent pas l'ampleur du péril de notre système démocratique. »

43 % D'EMPLOIS PERDUS

La FNC-CSN a lancé la semaine dernière une campagne d'information nationale pour expliquer l'ampleur de la crise qui frappe les médias écrits au pays. Quelque 43 % des emplois ont disparu dans cette industrie au Québec depuis 2009, tandis qu'à l'échelle canadienne, au moins 16 500 postes ont été supprimés depuis 2008, calcule la Fédération.

Cette semaine encore, les groupes de presse Torstar et Postmedia ont annoncé la fermeture de 35 journaux - et 300 licenciements - au pays.

La situation est devenue si précaire que la FNC-CSN réclame des mesures d'aide urgentes du gouvernement fédéral, par exemple un crédit d'impôt qui rembourserait une partie des investissements en capital et en main-d'oeuvre des entreprises de la presse écrite.

La députée libérale Hedy Fry, présidente du Comité permanent du patrimoine canadien, a refusé de commenter les raisons qui ont amené le comité à ne pas vouloir entendre des représentants de la FNC-CSN. Le vote et les débats se sont tenus à huis clos, a-t-elle dit. En entrevue avec La Presse, elle a cependant livré un long plaidoyer pour la survie de la presse écrite au Canada.

« Notre principale inquiétude touche la démocratie, a avancé Mme Fry. Quand vous avez un monopole de quotidiens, la démocratie n'est pas servie. Aussi, le fait que des Canadiens, qui habitent le deuxième plus vaste pays du monde, ne puissent pas avoir accès à de l'information [locale], c'est très inquiétant. »

PISTES DE SOLUTION

Le comité dirigé par Mme Fry a présenté au gouvernement un rapport étoffé, en juin dernier, sur les « bouleversements dans le paysage médiatique canadien ». Le document proposait notamment de créer une taxe de 5 % sur les services internet à haute vitesse, suggestion aussitôt écartée par le gouvernement Trudeau afin de ne pas alourdir le fardeau fiscal de la classe moyenne.

« On a fait certaines suggestions sur ce qu'on pense que le gouvernement pourrait faire pour empêcher la catastrophe de survenir, et je ne suis pas mélodramatique quand je dis ça », a fait valoir Hedy Fry.

L'une des suggestions d'Hedy Fry serait d'aider les petits et grands journaux qui ont du mal à faire la transition vers le numérique, avec un fonds de démarrage de quatre ou cinq ans.

Le rôle grandissant de Facebook et de Google dans « l'agrégation » de nouvelles inquiète aussi au plus haut point l'élue de Vancouver-Centre. « Leur agrégation de nouvelles inclut n'importe quoi qui se qualifie de nouvelles. Nous croyons que les nouvelles, telles que produites par les journalistes et les journaux dûment enregistrés, offrent deux avantages : elles sont vérifiables et [les journaux] en sont responsables. Vous pouvez être poursuivi. On veut que les gens comprennent la différence entre les deux. »

IMPATIENCE GRANDISSANTE

En coulisse à Ottawa, certains élus libéraux commencent à soupirer devant l'inaction de leur gouvernement par rapport à la crise qui frappe les médias écrits.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a répété cette semaine que les médias locaux bénéficient d'une aide annuelle de 75 millions par l'entremise du Fonds du Canada pour les périodiques. Elle a indiqué que ce fonds pourrait être modernisé pour favoriser la transition des médias vers un modèle d'affaires numérique.

Or, cette enveloppe exclut les quotidiens, dont plusieurs vivent une situation financière hautement précaire d'un bout à l'autre du pays. Mme Joly s'est engagée à rencontrer les représentants de la FNC dans les prochaines semaines.




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