Conflit d'intérêts: Trudeau défend le ministre Morneau

Le quotidien The Globe and Mail a rapporté lundi que... (Photo Nathan Denette, PC)

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Le quotidien The Globe and Mail a rapporté lundi que le ministre des Finances Bill Morneau (à droite) n'a jamais placé ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, même s'il s'était engagé à le faire peu de temps après sa nomination au cabinet il y a deux ans.

Photo Nathan Denette, PC

(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau s'est vigoureusement porté à la défense du ministre des Finances Bill Morneau mercredi, affirmant que le grand argentier du pays a suivi l'avis de la commissaire à l'éthique et aux conflits d'intérêt Mary Dawson concernant la gestion de ses actifs et accusant les partis de l'opposition de se livrer à des attaques personnelles sans fondement.

Mais cette riposte du premier ministre, qui a répondu à toutes les questions aux Communes, n'a pas calmé la tempête politique qui sévit depuis que le quotidien The Globe and Mail a rapporté lundi que M. Morneau n'a jamais placé ses actifs, évalués à 43 millions de dollars aujourd'hui, dans une fiducie sans droit de regard, même s'il s'était engagé à le faire peu de temps après sa nomination au cabinet il y a deux ans.

Le Parti conservateur a rappelé que le premier ministre a lui-même choisi de placer ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard afin d'éviter tout conflit d'intérêt et que M. Trudeau avait affirmé dans le passé que cela devrait la règle d'or suivie par tous les ministres de son cabinet.

Le chef conservateur Andrew Scheer a affirmé que le ministre Morneau, qui dirigeait l'entreprise Morneau Shepell, une entreprise qui a détient une expertise dans la gestion des régimes de pensions, avant son entrée en politique en 2015, pouvait tirer un avantage financier personnel grâce à la réforme fiscale qu'il a dévoilée en juillet.

«Le premier ministre ne peut pas défendre ce conflit d'intérêts. Le ministre des Finances élabore des lois qui pourraient donner des avantages financiers considérables à tout investisseur. Il le fait alors qu'il gère encore sa fortune personnelle. Ses parts de Morneau Shepell, qui valaient environ 30 millions de dollars il y a deux ans en valent aujourd'hui 40 millions», a affirmé M. Scheer. 

Le NPD a pour sa part ressorti un discours de M. Morneau, alors qu'il était à la tête de Morneau Shepell, dans lequel il prêchait les vertus des mesures qui se retrouvent dans le projet de loi C-27, lequel a été déposé en 2016 et modifie la Loi sur les normes de prestation de pension. Ce discours, le projet de loi C-27 et le fait que M. Morneau n'a jamais placé ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard démontrent clairement que le ministre se retrouve aujourd'hui dans une situation de conflit d'intérêts, a argué le chef parlementaire du NPD, Guy Caron.

«Les responsabilités d'un ministre des Finances peuvent entrer en conflit avec une compagnie dont il a le contrôle. Par exemple, dans un discours prononcé en 2013, alors qu'il était à Morneau-Shepell, le ministre a dit, et je cite: "We need legislation enabling Target Benefit Plans and Shared Risk Plans in all Canadian jurisdictions." Et en 2016, il a déposé le projet de loi C-27 qui fait exactement ça et qui va bénéficier à sa compagnie. J'ai ma définition d'un conflit d'intérêt. Est-ce que le premier ministre peut me faire part de la sienne?», a lancé M. Caron.

Le NPD a aussi révélé mercredi aux Communes que la firme Morneau Shepell a obtenu le mandat de mener à bien le plan de liquidation de Sears Canada.

«Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient promis de changer nos lois inadéquates en matière de faillite pour mettre fin au vol des pensions, mais, deux ans plus tard, toujours rien. S'ils avaient agi plus rapidement, ils auraient pu protéger les travailleurs et les retraités de Sears. En fait, c'est comme si leur promesse n'existait plus. C'est le silence radio. Bizarrement, aujourd'hui, on apprend que c'est Morneau Shepell qui sera en charge du plan de liquidation de Sears Canada. C'est aussi pire que le scandale des commandites», a affirmé la députée néo-démocrate de Salaberry-Suroît, Anne Minh-Thu Quach.

Le premier ministre Justin Trudeau a soutenu à maintes reprises que le grand argenter avait suivi les consignes de la commissaire à l'éthique et a accusé le Parti conservateur et le NPD d'être envieux du bilan économique de Bill Morneau en tant que ministre des Finances.

«Le ministre des Finances a consulté en 2015 la commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique pour avoir son avis sur comment il devrait fonctionner pour suivre toutes les règles en place qui nous gouvernent tous. Il a suivi les recommandations qu'elle a faites et, comme il l'a dit, il est toujours ouvert à en faire plus, si elle recommande qu'il en fasse plus, pour aller au delà de ses demandes originelles», a d'abord affirmé M. Trudeau.

«Les Canadiens ont mis leur confiance dans ce gouvernement et dans ce ministre des Finances parce qu'on a fait la promesse d'investir dans la classe moyenne, de soutenir la croissance économique et d'aider les familles qui en avaient besoin. C'est exactement ce que nous sommes en train de faire. On a baissé les impôts pour la classe moyenne et on les a augmentés pour les mieux nantis. On a livré une allocation canadienne pour enfants qui donne plus d'argent à neuf familles sur dix et on a bonifié le Supplément de revenu garanti pour les aînés les plus vulnérables. On continue d'investir dans des infrastructures à travers le pays qui vont aider nos collectivités et nos individus. Nous allons continuer de créer de la croissance économique pour tous les Canadiens», a-t-il ajouté.

Le ministre Morneau était au Nouveau-Brunswick mercredi afin d'annoncer des changements à sa réforme fiscale.




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