Les Montréalais auront une meilleure idée de combien il leur en coûtera de traverser le nouveau pont Champlain, mercredi. Le directeur parlementaire du budget rendra publiques les conclusions de son enquête sur les revenus générés par le péage, un dossier qui a encore provoqué des flammèches aux Communes aujourd'hui.

Mis à jour le 16 sept. 2014
Martin Croteau LA PRESSE

Jean-Denis Fréchette, l'officier du Parlement chargé de renseigner les élus fédéraux sur les finances publiques, se penche depuis le début de l'été sur les revenus qui seront générés par le péage sur le nouveau pont.

Son équipe a croisé des renseignements contenus dans l'Enquête origine-destination de l'Agence métropolitaine de transport, les données sur la circulation de Google Maps et des chiffres du recensement sur le revenu des ménages. Elle a mis au point son propre modèle pour estimer l'impact du péage sur les revenus du gouvernement fédéral et sur la circulation.

En considérant le coût du mégaprojet - entre 3 et 5 milliards - le DPB proposera différents scénarios de péages, du moins cher au plus cher, en tenant compte de l'effet de la tarification sur le comportement des automobilistes.

Une étude de la firme Steer Davies Gleave (SDG) estime à 30 000 le nombre de véhicules qui dévieront vers d'autres ponts en raison du péage. Ottawa a tenu ce document secret pendant des mois jusqu'à ce que Radio-Canada en dévoile les conclusions lundi.

Le gouvernement Harper a refusé de partager l'étude avec le directeur parlementaire du budget.

«Malhonnête», dénonce Mulcair

La mise à jour de l'étude a provoqué de vifs débats à la Chambre des communes. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, estime que le refus de rendre publique l'étude de SDG pendant des mois prouve la « malhonnêteté » du gouvernement conservateur.

« Le rapport n'a pas été publié parce qu'il va à l'encontre d'une décision prise à priori par les conservateurs sans consultation, a dénoncé M. Mulcair. Ils ont décidé qu'il n'y aura pas de pont s'il n'y avait pas de péage. »

Selon lui, l'étude de SDG prouve que le péage entraînera des problèmes de pollution, de perte de productivité et qu'il minera la qualité de vie des résidents du Grand Montréal. Selon lui, le gouvernement conservateur n'a d'autre choix que de renoncer au péage à la lumière de l'étude.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a abondé dans le même sens.

« Le gouvernement sait très bien que sa proposition de péage créerait un achalandage monstre sur les autres ponts et le tunnel sur l'île de Montréal », a-t-il dénoncé.

Le premier ministre Stephen Harper n'a pas répondu directement aux critiques.

« Nous sommes dans un processus de contrats, a-t-il déclaré à la Chambre. Je suis encouragé de voir qu'il y a des études sur tous les sujets liés à ce pont. »