Les libéraux auront-ils les moyens de leurs ambitions?

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Justin Trudeau

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(OTTAWA) Analyse. Les libéraux de Justin Trudeau mènent dans les sondages nationaux depuis plus d'un an. Ils commencent à talonner les conservateurs au chapitre du financement populaire. À quelque 18 mois des prochaines élections fédérales, ils commencent à croire en leurs chances de reprendre le pouvoir après neuf ans sur les banquettes de l'opposition.

Quelque 3000 militants libéraux débarqueront donc à Montréal demain, gonflés à bloc, afin de participer au congrès national de leur formation politique, le dernier avant le prochain scrutin. Ils adopteront les résolutions qui devraient former la charpente du programme électoral du PLC.

Mais avant même de voter pour une résolution prônant le retour d'un programme national de garderies, une bonification du Régime de pensions du Canada, une augmentation du montant du transfert de la taxe sur l'essence aux municipalités ou encore une nouvelle mouture de l'accord de Kelowna et les milliards de dollars d'investissement pour les peuples autochtones, les libéraux auraient tout intérêt à se poser une question essentielle: auront-ils les moyens de leurs ambitions?

Car si les militants libéraux comptent proposer aux électeurs en 2015 un gouvernement fédéral «plus interventionniste» et plus présent dans leur vie, ils risquent de trouver des coffres vides à Ottawa s'ils prennent le pouvoir.

La stratégie des conservateurs

La stratégie des conservateurs en prévision du prochain scrutin est fort simple. Ils croient dur comme fer que leur salut électoral passe par le dépôt d'un budget excédentaire qui leur permettra d'offrir aux Canadiens une nouvelle réduction de leur fardeau fiscal. Et le gouvernement Harper pourrait même être tenté d'offrir des baisses d'impôt rétroactives au 1er janvier 2015 pour s'assurer de vider la cagnotte avant les élections. Une partie du premier surplus en sept ans, évalué pour le moment à 6,4 milliards de dollars, pourrait aussi être utilisée pour rembourser la dette accumulée de près de 620 milliards de dollars.

En utilisant ainsi les surplus, les conservateurs comptent forcer leurs adversaires à remettre en cause des baisses d'impôt fraîchement accordées pour financer leurs promesses électorales. Le NPD a déjà indiqué qu'il ramènerait le taux d'imposition des entreprises canadiennes à un niveau comparable à celui qui est en vigueur aux États-Unis pour que le Canada demeure compétitif. Les troupes de Thomas Mulcair se donneront ainsi une marge de manoeuvre de quelques milliards pour financer leurs promesses.

Choix difficiles en vue

Mais le Parti libéral s'est engagé, s'il prend le pouvoir, à laisser intact le fardeau fiscal des contribuables et des entreprises, qui a été abaissé de manière importante sous la houlette des conservateurs au fil des ans. La réduction a été telle que, selon les calculs du ministère des Finances, le fisc canadien a été privé de quelque 220 milliards de dollars en une décennie.

Résultat: les libéraux de Justin Trudeau auront un choix difficile à faire lorsqu'ils fignoleront leur programme électoral. Ils devront trouver un moyen de financer leurs promesses les plus ambitieuses en dénichant de nouveaux revenus ou limiter leurs engagements pour éviter d'avoir à hausser le fardeau fiscal des uns et des autres.

«Lorsque surviendra la prochaine campagne électorale, les partis de l'opposition devront assurément augmenter les impôts ou les taxes pour payer leurs promesses électorales», indique-t-on dans les rangs conservateurs.

Chez les libéraux, certains semblent conscients du piège qui les attend. «Nous sommes déterminés à faire très attention en ce qui concerne le fardeau fiscal des contribuables. Donc, on travaille avec des ressources limitées. Il est certain que beaucoup de ces résolutions-là ne pourront pas être forcément la priorité qui ressortira à la fin du congrès. [...] La réalité, nous l'avons bien en tête. Les ressources ne seront pas si grandes après la gestion des conservateurs. Il faudra faire des choix», affirme prudemment le député libéral Stéphane Dion.

Les militants libéraux seront-ils guidés par cette même prudence en fin de semaine à Montréal? Les paris sont ouverts.




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