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Un organisateur efficace et expert en mobilisation

Daljit Singh Kalkat... (Photo archives La Presse)

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Daljit Singh Kalkat

Photo archives La Presse

Au moment où il faisait l'objet d'une enquête pour avoir trompé les services sociaux avec de faux résidants de Montréal, Daljit Singh Kalkat offrait à des politiciens montréalais comme Justin Trudeau de les aider à faire le plein de votes dans le quartier Parc-Extension.

L'attachée de presse de M. Trudeau assure qu'il n'a jamais occupé de fonction officielle dans son organisation.

Mais cinq sources bien informées dans la circonscription ont confirmé à La Presse l'important travail de mobilisation effectué par Kalkat en faveur de M. Trudeau. Le leader sikh participait d'ailleurs à plusieurs activités publiques du candidat ces dernières années.

M. Kalkat estime avoir fait une différence au scrutin. « J'ai travaillé dans la circonscription, je les ai aidés, j'ai organisé des assemblées », dit-il.

Lorsqu'on lui demande combien il pouvait mobiliser d'électeurs, il réfléchit. « Je crois que c'est un vote qui swing, autour de 1500 votes dans Parc-Extension », dit-il.

Raman Chopra, dont l'épouse Shama Chopra s'était présentée pour le Parti conservateur dans la même circonscription aux élections de 2010, se souvient que Daljit Singh Kalkat était aussi venu explorer la possibilité d'un appui aux conservateurs, sans grand succès.

« Pour lui, il y avait un plan d'utiliser Shama par la suite, dans des dossiers d'immigration. Elle a eu plusieurs requêtes pour intervenir dans tel ou tel dossier et elle refusait. Quand j'ai découvert son passé, je lui ai dit de ne plus jamais appeler », résume M. Chopra.

Daljit Singh Kalkat a aussi milité pour Gerry Sklavounos, député libéral de Laurier-Dorion à l'Assemblée nationale. Encore aujourd'hui, il siège à l'association libérale de la circonscription, comme représentant élu de la communauté indienne.

« Il n'était pas membre de mon équipe de campagne, mais il a essayé de sortir le vote et de mobiliser la communauté. C'était quelqu'un d'impliqué », confirme M. Sklavounos.

« J'ai entendu plein de rumeurs, mais ça venait d'autres membres de la communauté, où je sais qu'il y a une rivalité entre différents clans. Je n'ai jamais mené une enquête, mais je présumais que quelqu'un qui se promène aussi ouvertement n'a rien à se reprocher », explique le député.

Le leader qui fait l'objet d'une enquête a aussi donné son appui à la conseillère municipale Mary Deros, sans être membre officiel de son équipe. « C'est sûr que c'est une organisation communautaire comme une autre dans Parc-Extension. Probablement qu'il est venu à une couple d'activités de campagne, mais il n'a pas de relation particulière avec Mme Deros », explique l'attaché de presse d'Union Montréal, Jonathan Abecassis.

Daljit Singh Kalkat a aussi parfois sorti sa bourse pour aider des candidats : il a versé 1255 $ au PLQ en 2010, 225 $ au PLC la même année, et 369 $ au PLC en 2008. Au municipal il a donné 200 $ à Union Montréal en 2011. Or, depuis 2010, Kalkat a perdu son statut au Canada. Il n'est pas citoyen. La loi interdit aux citoyens étrangers de contribuer à un parti politique.

Vivian Barbot, ancienne députée bloquiste de Papineau défaite par Justin Trudeau en 2008, croit que les révélations sur Kalkat devraient être l'occasion de réfléchir à certaines pratiques électorales. Elle déplore l'importance accordée en politique à « ces gens qui se réclament leaders de leur communauté ».

« Tout Parc-Extension, c'était noyauté par des groupes comme ça. Je trouve ça dommage, car on a des immigrants qui viennent ici pour trouver une vie meilleure, et au lieu de les intégrer, on les laisse sous la coupe de gens sans scrupules, on les utilise pour avoir des votes. Ils se retrouvent parfois dans le même système qu'ils ont voulu quitter, sous l'emprise de combines, marginalisés », dit-elle.

« On ne pouvait rien prouver, mais le jour du vote, on observait des gens qui n'étaient manifestement pas du comté, qui arrivaient avec quelqu'un pour jurer solennellement qu'ils habitaient ensemble, et ils pouvaient voter », raconte-t-elle.




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