Des sociétés aériennes préfèrent embaucher des pilotes étrangers par dizaines au lieu de payer la formation de pilotes canadiens, a dénoncé jeudi le Nouveau Parti démocratique, qui y voit un abus du programme des travailleurs étrangers temporaires.

Martin Croteau LA PRESSE

Le député montréalais Alexandre Boulerice, critique de son parti en matière de Travail, presse le gouvernement Harper d'intervenir pour corriger un « trou » dans la loi qui permet aux transporteurs d'embaucher des pilotes étrangers.

Le problème concerne surtout les petits transporteurs aériens qui connaissent des pointes saisonnières, notamment pour les voyages dans le sud en hiver. En haute saison, ces entreprises doivent embaucher plusieurs pilotes.

Or, un pilote formé pour opérer un Airbus 330 doit obtenir une licence différente pour piloter un Boeing. Comme cette formation coûte environ 40 000$, certains transporteurs préfèrent tout bonnement embaucher des étrangers.

« Ils font l'économie d'investissement en formation sur le dos des pilotes canadiens et ils font venir des travailleurs étrangers pour prendre la place », dénonce le député Boulerice.

Le NPD affirme que cette pratique entraîne la situation aberrante où des pilotes canadiens sont forcés de trouver du travail à l'étranger, tandis que des étrangers qui ne paient pas d'impôt au Canada pilotent des avions canadiens.

Le parti affirme qu'une seule société a obtenu l'autorisation du fédéral d'embaucher 119 travailleurs étrangers entre septembre et octobre dernier.

M. Boulerice presse Ottawa de plafonner le nombre de pilotes étrangers qui viennent travailler pour des sociétés canadiennes. Il souhaite aussi que le gouvernement fédéral force les transporteurs à payer les coûts de formation des travailleurs canadiens plutôt que de recruter à l'étranger.

Questionnée aux Communes, la ministre des Ressources humaines, Diane Finley, a assuré que son gouvernement souhaite que des Canadiens aient priorité sur des étrangers lorsqu'un poste est vacant.

« Nous travaillons avec des pilotes et avec les transporteurs eux-mêmes pour nous assurer qu'il y ait des opportunités de formation afin que des Canadiens puissent obtenir ces emplois », a-t-elle déclaré.

Elle souligne que l'Association des pilotes de ligne, un syndicat qui représente plus de 50 000 travailleurs de cette industrie, s'est déclarée satisfaite des efforts menés par le gouvernement Harper jusqu'ici.