Moins de 40 pour cent des presque 300 000 membres et sympathisants qui s'étaient engagés en vue de l'élection du futur chef du Parti libéral du Canada se sont inscrits en vue du scrutin, malgré les efforts significatifs des dirigeants du parti pour gonfler ces décevants chiffres.

Joan Bryden LA PRESSE CANADIENNE

La semaine dernière, le PLC a accepté la demande de Justin Trudeau, le favori de la course, pour prolonger d'une semaine, à ce jeudi, la date limite pour s'inscrire.

Le parti a même organisé une campagne téléphonique, au cours du week-end, qui permettait aux sympathisants de s'inscrire sur le champ - une décision qui a suscité des lamentations parmi les camps rivaux, selon lesquels des ressources du parti ont servi au bénéfice presque exclusif du favori.

Mais avec seulement trois jours à écouler avant le nouvel échéancier, seulement 114 000 personnes - soit 39 pour cent des 294 000 membres et sympathisants du PLC - se sont inscrits pour voter.

Il s'agit d'une hausse marginale en comparaison avec le taux de 36 pour cent enregistré le 14 mars, date d'échéance d'origine.

De plus, certains membres de camps rivaux ont laissé sous-entendre que ce taux pourrait avoir été majoré artificiellement par des inscriptions bidon.

Les informations détaillées au sujet des électeurs inscrits doivent demeurer confidentielles.

En privé, des membres de camps rivaux ont dit avoir découvert plusieurs anomalies à la suite de la campagne d'inscription massive du week-end, incluant des cas où des dizaines d'électeurs enregistrés ont fourni la même adresse de courriel.

Le clan Trudeau, qui dit avoir enrôlé environ 165 000 sympathisants, avait demandé une prolongation de la période d'inscription, disant que le parti avait été incapable d'acheminer les documents liés à l'enregistrement à plus de 100 000 sympathisants qui avaient signifié leur intérêt sans fournir d'adresse de courriel.

Les clans rivaux affirment que presque tous les sympathisants n'ayant pas fourni d'adresse de courriel se sont associés à l'équipe Trudeau. Ses responsables reconnaissent qu'ils en ont attiré la grande majorité, mais ils soutiennent qu'environ 30 000 ont adhéré à d'autres candidats.

Les membres de l'équipe de la députée de Vancouver Joyce Murray, appuyés par les candidats Martin Cauchon et Martha Hall Findlay, ont protesté contre la prolongation de la période d'inscription.

«Nous étions des défenseurs du respect des règles et non du changement des poteaux des buts», a-t-elle illustré lors d'une entrevue accordée lundi.

«Il n'y a pas de doute que la prolongation a profité au favori de la campagne, et les téléphones effectués au cours du week-end, encore, aidaient un clan plus que les autres.»