Une conférence de presse qui se tiendra aujourd'hui à Ottawa illustre le rapprochement entre le Nouveau Parti démocratique (NPD) et les syndicats québécois, se réjouissent les troupes de Thomas Mulcair.

Hugo De Grandpré LA PRESSE

Le NPD a déjà des liens étroits avec le milieu syndical du reste du Canada. Mais les ponts entre le milieu québécois et le Parlement avaient plutôt tendance à passer par le Bloc québécois.

La dynamique pourrait toutefois changer avec la force du NPD dans la province (58 députés) et la quasi-disparition du Bloc aux dernières élections (4 députés). «C'est sûr qu'il va y avoir un rapprochement qui va se faire» avec le NPD, estime Jean-Marc Piotte, politologue de l'Université du Québec à Montréal spécialisé dans les mouvements syndicaux.

Des représentants de la CSN et de la FTQ doivent participer ce matin à une conférence de presse avec deux députés néo-démocrates pour dénoncer la réforme de l'assurance-emploi du gouvernement Harper. Ils déposeront une pétition d'environ 30 000 noms demandant à la ministre de faire marche arrière.

Les députés Alexandre Boulerice et Anne-Marie Day représenteront le NPD. Le Bloc québécois n'a pas été invité.

M. Boulerice, lui-même ancien employé de l'aile québécoise du Syndicat canadien de la fonction publique, a été chargé par son chef, il y a quelques mois, de resserrer les liens avec le milieu syndical du Québec.

«Amélioration évidente»

En entrevue mercredi, le député montréalais s'est montré encouragé par les résultats de ses démarches. «Est-ce qu'on sent que le vent est en train de tourner? Oui. Il y a un changement, il y a une progression, il y a une amélioration évidente dans le rapport avec le mouvement syndical et le NPD», a-t-il indiqué à La Presse.

À la FTQ, on a relativisé l'importance de cette apparition commune, décrite comme une démarche ponctuelle dont le NPD lui-même est l'instigateur. Le secrétaire général Daniel Boyer, tout comme le chef du Bloc québécois Daniel Paillé, a insisté sur les liens que sa centrale continue à entretenir avec le Bloc.

«Si ça avait été une initiative du Bloc, on serait avec le Bloc», a lancé M. Boyer.

Mais «ce n'est pas une cachette», a-t-il ajouté. «Le NPD, on n'est pas d'accord avec tout ce qu'il avance, mais c'est un parti social-démocrate et il a des valeurs et des revendications qui ressemblent aux nôtres de temps en temps et on fait des alliances.»

«On ne se sent absolument pas mis de côté, bien au contraire, a quant à lui affirmé Daniel Paillé. Je pense que les gens du mouvement ouvrier et membres de toutes les coalitions savent qu'il y a 75 députés fédéraux au Québec et ils vont voir les 75.»

La FTQ avait appuyé le Bloc lors des dernières élections. La CSN, qui n'adopte pas de position partisane, avait recommandé à ses 30 0000 membres de voter contre Stephen Harper.