Le premier ministre Stephen Harper perd son ministre des Affaires indiennes, John Duncan, M. Duncan a remis sa démission pour avoir écrit une lettre de recommandation en juin 2011 à la Cour canadienne de l'impôt au nom d'un citoyen à qui des employés de son bureau de circonscription fournissaient de l'aide relativement au traitement d'un dossier lié à l'Agence du revenu du Canada.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

«Bien que j'aie écrit cette lettre dans une intention honorable, je me rends compte qu'à titre de ministre de la Couronne, je n'aurais pas dû écrire à la Cour canadienne de l'impôt. Par conséquent, j'ai offert ma démission comme ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien au Premier ministre, et ce dernier l'a acceptée», a indiqué M. Duncan dans un communiqué de presse.

«J'assume l'entière responsabilité des gestes que j'ai posés et de leurs conséquences», a-t-il ajouté. M. Duncan restera député de la circonscription de l'Île de Vancouver-Nord à la Chambre des communes.

Le premier ministre a accepté cette démission qui survient alors que le dossier des affaires autochtones bouscule les priorités du gouvernement Harper en raison des récentes manifestations des communautés autochtones, et des pressions exercées par leaders des Premières nations pour qu'Ottawa tienne compte de leurs revendications.

Le ministre du Patrimoine James Moore agira à titre intérimaire comme ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord jusqu'à ce qu'un nouveau ministre soit nommé, a indiqué M. Harper.

M. Duncan est le deuxième ministre à quitter le cabinet depuis l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire en mai 2011. En juillet dernier, la ministre responsable de l'ACDI, Bev Oda, a quitté la politique après de nombreuses révélations au sujet de ses dépenses somptueuses lors de ses séjours à l'étranger.

À Ottawa, d'aucuns s'attendent à ce que le premier ministre remanie son cabinet en profondeur en juin après la fin de la session parlementaire. Le gouvernement Harper sera alors à mi-mandat. Le premier ministre voudrait alors avoir en selle le cabinet qui défendrait le bilan conservateur jusqu'aux prochaines élections.