Le gouvernement Harper répond aux priorités des Québécois en adoptant de nouvelles mesures pour lutter contre la criminalité et en jetant les bases pour favoriser la croissance de l'économie, estime le ministre de l'Industrie, Christian Paradis.

Joël-Denis Bellavance LA PRESSE

Même si le gouvernement conservateur demeure impopulaire dans la province selon plusieurs sondages, le lieutenant politique de Stephen Harper au Québec persiste à croire que le gouvernement dirige le pays dans l'intérêt des Québécois.

Il a aussi laissé entendre que le gouvernement Harper n'hésite pas à corriger les erreurs qu'il commet. Il a notamment fait allusion à la décision des conservateurs, cette semaine, d'appuyer le projet de loi du Nouveau Parti démocratique (NPD) obligeant les agents du Parlement à être bilingues dès leur entrée en fonction.

«En ce qui concerne l'économie et la lutte contre la criminalité, nous sommes au diapason des priorités des Québécois», a affirmé M. Paradis dans une entrevue accordée à La Presse jeudi.

Défense du français

«Plus de 80% des Québécois appuient les mesures que nous avons prises pour lutter contre la criminalité. Il faut continuer dans ce sens-là», a-t-il ajouté, en nommant les peines plus sévères envers les pédophiles, entre autres.

«Ils sont au courant de nos contraintes fiscales et ils veulent que l'on mette de l'ordre dans nos livres comme tout le monde. Je l'entends partout où je vais quand je rencontre des gens d'affaires à Montréal ou à Québec ou des gens ordinaires dans mon comté. Le message est unanime», a-t-il encore dit.

Il a rappelé que le gouvernement compte éliminer le déficit de 26 milliards sans augmenter les impôts ou réduire les transferts aux provinces.

Dans le dossier de la nomination controversée d'un anglophone unilingue, Michael Ferguson, au poste de vérificateur général du Canada, M. Paradis a fait valoir que le gouvernement a pris les moyens pour corriger cette situation qui a été dénoncée par les partis de l'opposition et par Québec.

«C'est sûr qu'on se fait dépeindre comme étant le diable en personne sur certains enjeux. Mais cette semaine encore, le premier ministre a démontré toute l'importance qu'on accorde au fait français en appuyant le projet de loi du NPD. En tant que gouvernement, nous voulons nous assurer qu'il n'y ait plus jamais de circonstances comme celles-là qui se répètent», a-t-il soutenu en guise de mea-culpa.

Relations avec Québec

Sur le front des relations fédérales/provinciales, le ministre Paradis a, encore là, soutenu que la politique du gouvernement Harper répond aux attentes de la population. Ottawa est prêt à collaborer en tout temps avec le gouvernement souverainiste de Pauline Marois dans la mesure où les vieilles chicanes constitutionnelles sont laissées de côté.

M. Paradis se félicite d'ailleurs des relations «courtoises» entre les deux ordres de gouvernement.

«Nous devons continuer à mettre en oeuvre notre plan d'action économique. Nous avons créé 880 000 emplois nets depuis la fin de la récession. Et 90% de ces emplois sont dans le secteur privé. [...] Quand on examine ce qui se passe en Europe et aux États-Unis avec le mur fiscal, le Canada est bien géré. Nous ne sommes pas à l'abri de tout. Il y a une reprise timide, mais elle est quand même là et ça prend de bons gestionnaires», a-t-il dit.