L'éducation a beau être un champ de compétence provincial, plusieurs députés fédéraux prennent position face à la crise étudiante. Et certains émettent des réserves sur la loi spéciale adoptée par le gouvernement Charest pour mettre fin au conflit.

Martin Croteau LA PRESSE

Le Nouveau Parti démocratique compte 58 élus au Québec, et plusieurs de ses membres ont participé à la manifestation monstre de mardi à Montréal. Parmi eux, on compte les députés Ève Péclet et Alexandre Boulerice.

M. Boulerice dit avoir participé à la manifestation à titre personnel. Sur son blogue, il a émis de sérieuses réserves sur la loi spéciale que le gouvernement Charest a adoptée dans l'espoir de mettre fin à la crise. 

«Je suis gravement inquiet des menaces qui planent sur certains de nos droits fondamentaux, a-t-il écrit. Le droit de s'exprimer politiquement, de s'assembler, de s'associer et de manifester pacifiquement sont des éléments essentiels à une vie démocratique saine et équilibrée.»

Son collègue Matthew Dubé (Chambly-Borduas), qui étudiait à McGill au moment de son élection, a fait écho à ce point de vue, hier. Dans un communiqué, il s'inquiète de «certains aspects de la loi spéciale, notamment en ce qui concerne le droit de manifester».

Le président du caucus québécois du NPD, Robert Aubin, affirme que le sujet revient fréquemment dans les discussions avec ses troupes. Mais il assure qu'il n'est pas question de s'immiscer dans le conflit, qui relève du gouvernement provincial.

«On ne peut pas faire comme si la situation n'existait pas, dit-il. Mais je ne pense pas qu'il y ait là une ingérence dans les compétences provinciales. Et je ne pense pas qu'en faisant un commentaire [...] on dise au gouvernement Charest quoi faire. »

Libéraux et conservateurs aussi

Les néo-démocrates ne sont pas seuls politiciens fédéraux à s'exprimer au sijet de la crise étudiante. Le libéral Justin Trudeau a affirmé sur Twitter être «troublé» par la loi spéciale. Le sénateur conservateur Claude Carignan a pour sa part signé une requête en injonction pour que des élèves du collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, puissent rentrer en classe.