Le Nouveau Parti démocratique (NPD) propose de donner un sens réel à la reconnaissance par le Parlement de la nation québécoise: il a déposé un projet de loi qui coulerait dans le béton le pourcentage de sièges détenus par le Québec aux Communes, quoi qu'il arrive.

Stéphanie Marin LA PRESSE CANADIENNE

Anticipant le dépôt prochain par le gouvernement Harper d'un projet de loi pour octroyer plus de sièges au Parlement à l'Alberta, à la Colombie-Britannique et à l'Ontario - afin de refléter la croissance démographique de ces provinces - le NPD est passé à l'action mardi.

Le projet du gouvernement - mis de l'avant à plusieurs reprises - a toujours été dénoncé par Québec qui s'inquiétait de la diminution de son pouvoir au sein de la Confédération.

Récemment, le premier ministre Stephen Harper avait laissé entendre que le poids du Québec serait protégé, mais sans plus de précision.

Le NPD avait déjà aussi promis dans le passé de protéger le nombre de sièges du Québec, et il affirme maintenant passer de la parole aux actes.

Son projet de loi prévoit aussi l'ajout de sièges pour l'Alberta, la Colombie-Britannique et l'Ontario, mais fixera le pourcentage de sièges pour le Québec à quelque 24 pour cent, soit la proportion qu'il détenait au moment de la reconnaissance de la nation québécoise par Ottawa, en 2006.

Ce pourcentage ne serait pas réduit si la population du Québec devait diminuer, a souligné le NPD.

La reconnaissance de la nation québécoise avait été l'initiative de Stephen Harper. Bien que saluée à l'époque, elle a ensuite été critiquée pour n'avoir donné aucun résultat concret, bref, pour avoir été vide de sens.

Le NPD affirme vouloir donner une réelle signification à la nation en lui garantissant un nombre de députés. Il s'agit d'un geste symbolique, croit le député néo-démocrate responsable de la réforme démocratique, David Christopherson, mais nécessaire pour que le respect du Québec ne soit pas que des paroles vides de sens.

Le NPD s'attend à des réactions négatives des autres provinces qui ne bénéficieront pas d'un tel privilège, mais croit pouvoir les convaincre en leur faisant valoir que cet acte contribuerait à renforcer le pays.