La continuité n'est pas dans la mire de la députée Maria Mourani, qui cherche à se positionner comme la candidate du renouveau du Bloc québécois. Elle veut ainsi se distinguer des autres prétendants à la direction du parti. Dans ce but, elle effectuera samedi un vaste appel aux militants pour obtenir leur vote dans cette course à la chefferie. Et aussi pour leur demander de lui donner un coup de main pour sa campagne d'ici là.

Stéphanie Marin LA PRESSE CANADIENNE

La députée d'Ahuntsic, sur l'île de Montréal, fait un blitz de cueillette de signatures samedi à Montréal pour sa mise en candidature officielle. Elle doit recueillir d'ici deux semaines 1000 signatures dans 25 comtés différents.

Mme Mourani en profitera pour faire valoir sa vision aux militants du parti et les inciter à voter pour elle le 11 décembre, lorsque sera choisi le prochain chef.

Elle veut leur vendre un «Bloc renouvelé».

«Ça signifie un parti plus axé sur l'écoute, sur le consensus. Qu'on puisse aussi devenir un parti rassembleur, quels que soient les courants, gauche ou droite, pressés ou pas pressés (d'accéder à la souveraineté)», explique Maria Mourani, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Pour cela, elle croit bon de changer la culture et le discours du Bloc québécois, ce qui implique de le transformer en «parti de militants». Elle voudrait ainsi que les députés aient une plus grande latitude et liberté de parole. Elle préférerait que certains votes soient libres, ce qui permettrait aux élus bloquistes d'être réellement la voix des citoyens et non pas uniquement celle du parti.

Se défendant de vouloir se distancier du Parti québécois - comme l'ont récemment rapporté certains médias, estime-t-elle - la députée réitère son appui au parti souverainiste.

«Le Parti québécois et le Bloc sont deux partis frères et le resteront», a tenu à préciser la députée qui siège aux Communes depuis 2006.

Mais Mme Mourani souhaite que les militants puissent voter pour le candidat souverainiste de leur choix aux élections provinciales, sans recevoir un appel à se rallier au Parti québécois.

Selon elle, les autres candidats à la direction du Bloc s'opposeraient à de tels changements.

«Pour eux, c'est la continuité dans ce qu'on fait actuellement», a-t-elle dit.

«C'est ça qui me distingue totalement des autres candidats et c'est là le choix que devront faire les militants», a-t-elle ajouté, rappelant que les électeurs ont envoyé un message au Bloc le 2 mai dernier en choisissant de voter pour un autre parti.

Maria Mourani veut aussi faire plus de place aux jeunes en leur donnant un réel droit de parole et la possibilité d'influencer les politiques du Bloc.

«Un parti politique ne peut pas résister au temps s'il n'a pas une aile jeunesse forte», a-t-elle dit.

Une autre proposition mise de l'avant par la candidate est de procéder à l'élection de porte-parole régionaux. Une telle initiative est plus que nécessaire, selon elle, pour prendre le pouls en continu des régions, puisqu'il ne reste plus que quatre députés du Bloc à la Chambre des communes.

Maria Mourani se définit comme un chef de leadership plus que «d'autorité», qui écouterait, chercherait à faire le consensus et rassemblerait tous les militants.

Les autres candidats déclarés pour la course à la chefferie sont l'ex-député bloquiste et ancien ministre provincial Daniel Paillé ainsi que Jean-François Fortin, élu à la Chambre des communes lors des dernières élections.

L'arrivée récente de Daniel Paillé dans la course - un candidat solide et expérimenté -  n'a pas brouillé les cartes pour Mme Mourani. Contrairement à Jean-François Fortin qui a perdu certains appuis initiaux - qui ont préféré se rallier à M. Paillé - elle affirme que ce ne fut pas son cas.

Elle prétend même avoir reçu de nouveaux appuis depuis.

Il s'agit notamment de François Parenteau, journaliste et humoriste québécois membre des Zapartistes, de l'homme d'affaires André Veronneau, et ceux des ex-députés bloquistes Christian Ouellet et Johanne Deschamps. Ils seront tous présents à son rassemblement de samedi.