Le Nouveau Parti démocratique (NPD) réclame au gouvernement conservateur un soutien accru et stable pour le domaine artistique, une demande qu'il n'a toutefois pas su chiffrer.

Mis à jour le 17 mai 2011
Marie Vastel LA PRESSE CANADIENNE

Un groupe de députés néo-démocrates issus du domaine des arts a convoqué la presse pour présenter le «caucus du milieu des arts» du parti, mardi, en arguant que ce groupe de personnes d'expérience saurait défendre les intérêts de l'industrie artistique puisqu'elles y ont elles-mêmes oeuvré.

Mais les élus ont peiné à offrir davantage que des présentations, en point de presse.

Affirmant vouloir augmenter le financement du Conseil des arts du Canada, le porte-parole du NPD en matière de culture, Charlie Angus, ne connaissait pas les chiffres du budget actuel du conseil -180 millions de dollars- ni à quelle hauteur son parti aimerait le voir bonifié.

Les néo-démocrates ont également indiqué vouloir demander aux conservateurs majoritaires de Stephen Harper de mettre en oeuvre un étalement du revenu pour les artistes.

La mesure serait en place depuis 2004 au Québec et permettrait aux artistes d'étirer le revenu important d'une année sur plusieurs, afin d'éviter de tomber à sec s'ils sentent que les années suivantes risquent d'être moins fructueuses.

«Quelle est notre exportation première? Est-ce que c'est le pétrole? Est-ce que c'est le gaz? Ou est-ce que ce sont Justin Bieber, et Arcade Fire et le Cirque du Soleil?», a lancé M. Angus, en soulignant que trop d'artistes -dont le salaire moyen est souvent sous le seuil de la pauvreté- quittent le pays faute d'étalement du revenu.

Mais là encore, les néo-démocrates dépêchés en point de presse n'avaient que peu de détails sur le programme. Un attaché de presse a été forcé d'envoyer un mince complément d'information par courriel, quelques heures plus tard.

Questionnés à savoir la raison pour laquelle les députés avaient convoqué les médias, ceux-ci ont plaidé que c'était pour présenter les nouveaux membres de leur caucus, qui comptent plusieurs personnes issues directement du domaine artistique. Mais pas pour faire d'annonce ou de promesse.

Les députés se sont défendus de tenir un point de presse sans y être préparés.

«En cette première journée, premier passage à Ottawa, il va falloir se pencher là-dessus et observer tous les chiffres qui sont en place. Notre rôle ce sera de s'assurer qu'on aura notre juste part au niveau culturel dans les budgets fédéraux», a plaidé le nouvel élu de Longueuil-Pierre-Boucher, l'ancien directeur artistique du Cirque du Soleil Musique, Pierre Nantel.

«Il faut nous donner un «break», dans la mesure où c'est le premier jour. On vient de débarquer, je n'ai même pas vu mon bureau encore (...) On va se préparer et on va travailler fort», a-t-il soutenu.

Le NPD a obtenu un appui record, au scrutin fédéral, en remportant 103 sièges et se hissant ainsi pour la première fois au rang d'opposition officielle aux Communes, alors qu'il siégeait comme quatrième parti depuis des années.

Outre les détails des demandes formulées mardi, les néo-démocrates n'ont pas su préciser non plus ce qu'ils entendaient exiger lorsque le projet de loi des conservateurs sur les droits d'auteur sera de nouveau déposé, après être mort au feuilleton avec le déclenchement des élections.

Quant au budget, qui sera déposé début juin et qui devrait grandement ressembler à celui rejeté par l'opposition fin mars, le NPD a simplement indiqué qu'il voulait plus pour les arts, car l'énoncé économique du mois de mars n'en promettait pas assez.

«Nous ne savons pas ce qui se trouvera dans ce budget alors nous allons attendre de le voir. Mais nous nous attendons à ce que le gouvernement tienne ses promesses, que les économies ne soient pas réalisées en s'attaquant au domaine des arts dans ce pays», a simplement plaidé M. Angus.

Or, puisque le gouvernement de M. Harper est désormais majoritaire, l'opposition ne pourra pas s'opposer à son budget cette fois-ci.

«Si M. Harper veut travailler avec nous, nous allons travailler avec lui. Mais nous n'allons pas plier chaque fois que M. Harper nous ordonne de le faire», a néanmoins argué M. Angus, refusant de reconnaître que les pouvoirs de l'opposition seront limités face à cette nouvelle majorité.