Le taux d'échec des immigrants qui se soumettent à un test de citoyenneté canadien a monté en flèche depuis le printemps, alors que le niveau de difficulté des questions a été revu à la hausse.

LA PRESSE CANADIENNE

Le nouvel examen, en vigueur depuis le 15 mars, est basé sur le guide d'étude officiel  «Découvrir le Canada: les droits et responsabilités liés à la citoyenneté». Publié l'an dernier, le document de 63 pages comporte plusieurs nouveaux éléments à mémoriser comparativement à la version précédente - plus succincte - datant de 1995.

Résultat: le taux d'échec s'est élevé à environ 30 pour cent alors qu'il n'était que de quatre à huit pour cent pour l'ancien examen, selon des documents internes obtenus par La Presse Canadienne en vertu des dispositions de la Loi sur l'accès à l'information.

Les autorités ont dû assouplir les règles afin d'éviter un engorgement au sein du système, les milliers de personnes recalées échouant plus souvent qu'autrement devant des juges de l'immigration afin de plaider leur cause.

La refonte de l'examen, introduit le 14 octobre, a permis de faire passer le taux d'échec à environ 20 pour cent. Ce taux demeure toutefois nettement supérieur à celui d'autrefois.

«Depuis que je travaille à Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), je n'ai jamais vu autant d'échecs», a déclaré un représentant à l'issue d'une séance d'évaluation qui s'était déroulée à Mississauga, en Ontario. Ce jour-là, 15 personnes sur 43 n'avaient pas obtenu la note de passage.

Le nombre de questions n'a pas changé entre l'ancienne et la nouvelle épreuve. En 30 minutes, les candidats âgés entre 18 à 54 ans doivent répondre à 20 questions à choix multiple en anglais ou en français.

Cependant, le seuil de réussite de l'examen du 15 mars avait été fixé à 75 pour cent. Les candidats devaient donc obtenir 15 bonnes réponses sur 20.

Auparavant, la note de passage était de 60 pour cent, ce qui obligeait les candidats à réussir 12 questions sur 20.

L'impact de ces nouvelles mesures a été phénoménal et instantané. Les représentants médusés des centres d'évaluation à travers le pays ont rapidement fait état d'un taux d'échec effarant.

«Je ne pouvais y croire. C'est le pire taux d'échec que j'ai vu», a indiqué l'un d'eux dans un courriel envoyé au quartier général du CIC.

À la lumière de ces résultats, CIC a décidé de permettre à ceux qui ont échoué la nouvelle épreuve de se soumettre à la version la plus récente, introduite le 14 octobre.