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Ottawa a discuté de la loi pour les femmes chiites avec l'ambassadeur afghan

Hamid Karzaï... (Photo: AP)

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Hamid Karzaï

Photo: AP

Alexander Panetta
La Presse Canadienne
Ottawa

L'ambassadeur d'Afghanistan au Canada a défendu, jeudi, les progrès réalisés par les femmes dans son pays, après avoir fait l'objet de critiques diplomatiques relativement à un projet de loi qui suscite la controverse.

Omar Samad a été convoqué par le gouvernement canadien en pleine fureur internationale à l'égard d'une loi qui interdirait aux femmes chiites de refuser des relations sexuelles à leur mari. L'ambassadeur a fait savoir que le gouvernement afghan examine le projet de loi et qu'il n'émettra aucun commentaire pour l'instant.

«Je comprends très bien la réaction - immédiate et émotive - de pays comme le Canada qui ont tant accompli pour bâtir une jeune démocratie», a déclaré M. Samad en entrevue.

«Mais les gens doivent aussi comprendre que cette jeune démocratie manque de maturité, a ajouté M. Samad, en faisant allusion à celle qui prévalait en Afghanistan. Les normes sont différentes de celles des démocraties canadienne et européenne. Et le contexte culturel est entièrement différent. Nous allons trébucher, nous allons commettre des erreurs, mais nous allons ainsi progresser.»

M. Samad a également noté que la condition des femmes dans son pays - où elles occupent 89 des 351 sièges du Parlement - ne peut être comparée à ce qu'elle était pendant le règne des talibans.

L'ambassadeur y est allé de ces commentaires après que plusieurs politiciens canadiens aient clairement indiqué que le Canada n'avait pas sacrifié la vie de soldats et déboursé des milliards de dollars en Afghanistan pour assister à un recul des droits des femmes.

Les opposants craignent que cette législation n'amoindrisse les gains chèrement acquis par les femmes après la chute du régime islamiste taliban.

Le projet de loi - qui n'aurait jamais fait l'objet de débats au Parlement, selon certains députés - vise à réglementer la vie familiale à l'intérieur de la communauté chiite de l'Afghanistan, qui représente environ 20 pour cent de la population totale de 30 millions de citoyens. Cette loi ne s'appliquerait pas aux afghans sunnites.

L'un des articles les plus controversés de loi prévoit que la femme «doit se faire désirable pour son époux quand il le désire».

«Tant que le mari n'est pas en voyage, celui-ci a le droit d'avoir une relation sexuelle avec sa femme tous les quatre soirs», stipule l'article 132. «A moins que la femme soit malade ou souffre de toute maladie pouvant être aggravée à la suite d'une relation sexuelle, l'épouse doit acquiescer aux désirs sexuels de son mari.»

Un élément de la loi semble protéger les droits de la femme. Cette disposition précise que «l'homme ne devrait pas éviter d'avoir une relation sexuelle avec sa femme plus souvent qu'une fois à tous les quatre mois».

Une porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué que des représentants du gouvernement ont contacté l'ambassadeur de l'Afghanistan au Canada mercredi pour discuter de la question.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que le gouvernement afghan a été mis au courant quant aux effets dommageables qu'aurait une telle loi. De plus, le gouvernement a souligné que les Canadiens à travers le pays suivent le dossier de près.

Le communiqué du ministère indique que le gouvernement afghan a l'intention de continuer à étudier le projet de loi et d'en discuter avec la société civile, et que le Canada suit le cours des événements attentivement et qu'il continuera à faire connaître sa position.

Selon la porte-parole Catherine Loubier, le ministre Cannon a également discuté de la question avec les ministres afghans des Affaires étrangères et de l'Intérieur cette semaine à La Haye, lors d'une rencontre internationale sur l'avenir de l'Afghanistan.

Le premier ministre Stephen Harper, le chef de l'opposition Michael Ignatieff et plusieurs autres personnalités canadiennes de tous horizons ont exigé du gouvernement afghan de respecter ses engagements en matière de droits de la personne, notamment le respect de l'égalité des femmes.




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