(Ottawa) Pierre Poilievre soutient qu’il va unir le Parti conservateur au terme d’une longue course au leadership parfois acrimonieuse en concentrant l’essentiel de ses efforts sur les enjeux qui ont toujours rallié les conservateurs : l’économie, la lutte contre l’inflation, la réduction du déficit et les baisses d’impôts.

Publié le 19 août
Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Considéré comme le meneur de cette course, M. Poilievre a aussi confirmé qu’il maintiendrait le poste de lieutenant politique au Québec dans la structure du parti, s’il remporte la victoire le 10 septembre. Ce poste demeure essentiel, selon lui, pour tout chef qui caresse l’ambition de récolter de nouveaux sièges dans la province aux prochaines élections fédérales.

« Il nous faut quelqu’un qui est sur le terrain 100 % du temps au Québec, qui est capable de livrer le message des conservateurs au Québec. Plus important encore, il nous faut quelqu’un qui peut livrer le message du Québec au sein du Parti conservateur », a avancé le député conservateur.

Dans une entrevue à La Presse, jeudi, M. Poilievre a rejeté les attaques de son principal rival, l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest, selon lesquelles il mise sur la politique de la division à l’américaine pour se hisser à la tête du parti. « C’est lui qui importe la politique à l’américaine, pas moi, » a-t-il lâché au bout du fil.

Les politiques que je propose, ce sont les mêmes politiques du Parti conservateur que l’on met de l’avant depuis la fusion en 2003. Je sais que Jean Charest n’était pas au parti à cette époque.

Pierre Poilievre

À trois semaines du jour J, M. Poilievre a indiqué ne pas tenir la victoire pour acquise, même si plusieurs observateurs vont jusqu’à prédire une victoire au premier tour.

La « Justinflation »

Depuis des mois, M. Poilievre a fait de la lutte contre l’inflation son principal cheval de bataille, y allant d’une nouvelle expression qui circule abondamment dans les rangs conservateurs en appelant la crise du coût de la vie la « Justinflation ».

« Je vais unifier le parti en me concentrant sur les enjeux qui unissent tous les conservateurs. Évidemment, l’enjeu principal, c’est l’inflation. Justin Trudeau a causé cette inflation avec des déficits inflationnistes de près de 500 milliards de dollars. Les taxes inflationnistes comme la taxe sur le carbone augmentent les coûts pour les agriculteurs et les entreprises qui doivent fournir des produits et des services. Plus le gouvernement dépense, plus ça coûte cher aux Canadiens », a affirmé M. Poilievre.

« Le Parti conservateur est le seul parti qui est capable de rétablir la discipline dans nos finances, de réduire les taxes, les déficits et l’inflation. Donc, je vais aussi proposer une loi “dollar pour dollar”, ce qui veut dire que le gouvernement fédéral va devoir trouver un dollar d’économie pour chaque nouveau dollar de dépenses. Ça va limiter les dépenses du gouvernement », a-t-il aussi souligné.

En somme, Pierre Poilievre entend frapper sur le clou de l’économie, de l’économie et de l’économie dès le premier jour de son entrée en fonction, s’il coiffe ses rivaux au fil d’arrivée le 10 septembre.

« Les dépenses exorbitantes de Justin Trudeau n’augmentent pas seulement l’inflation, elles contribuent aussi à la hausse des taux d’intérêt. Les experts le disent que cela force la Banque du Canada à augmenter le taux d’intérêt parce que le gouvernement a engrangé des déficits énormes. Nous avons donc des familles qui doivent payer beaucoup plus cher pour leur hypothèque. »

Le quart des familles qui ont une hypothèque doivent maintenant emprunter pour pouvoir manger selon un sondage. C’est fou dans la tête, ça.

Pierre Poilievre

Selon M. Poilievre, qui s’est avéré une véritable épine dans le pied des libéraux aux Communes en tant que critique des finances, il n’est pas dans l’intérêt des Canadiens que l’entente conclue entre les libéraux et les néo-démocrates dure jusqu’en juin 2025.

En vertu de cette entente conclue en mars, le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’engage à appuyer le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau lors des votes de confiance sur le budget pour les trois prochaines années en échange de nouvelles dépenses dans plusieurs secteurs, notamment la création d’un nouveau programme national de soins dentaires.

« La coalition libérale-NPD est tellement radicale qu’elle va continuer de perdre l’appui des Canadiens. Le travailleur dans les mines de Timmins n’est pas d’accord pour que l’on augmente fortement la taxe sur le carbone. Il n’appuie pas la politique de s’attaquer aux chasseurs au lieu de s’attaquer aux criminels. Je ne sais pas comment le député néo-démocrate de cette région, Charlie Angus, va pouvoir continuer de rester au sein d’une coalition qui attaque ses propres électeurs », a-t-il analysé.

Chose certaine, il promet que le Parti conservateur sera prêt, s’il est élu chef et si des élections ont lieu avant juin 2025.

En savoir plus

  • 407 000
    C’est le nombre de personnes qui suivent le député conservateur Pierre Poilievre sur Twitter. À titre de comparaison, 6,2 millions de personnes suivent le premier ministre Justin Trudeau sur le même réseau social.
    Source : Twitter