Il a été un important acteur de la scène municipale montréalaise au cours des dernières décennies

Mis à jour le 14 août
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

Après une vie engagée dans le milieu communautaire et politique, André Lavallée s’est éteint dimanche matin à l’âge de 70 ans, a annoncé sur Facebook sa femme Chantale Bertrand. On lui doit notamment le premier plan d’urbanisme de la Ville de Montréal et la création de BIXI.

« C’est avec une grande tristesse que je vous annonce que mon amoureux André est décédé ce matin », a annoncé Chantale Bertrand sur la page Facebook de l’ancien homme politique en soirée dimanche. « André a été un mari aimant, un père et un grand-père attentionné. Il laisse un héritage marquant dans sa communauté montréalaise, et plus particulièrement l’est de Montréal et son quartier chéri Rosemont, tant à travers ses implications militantes que ses fonctions publiques qu’il a occupées. »

André Lavallée s’est éteint des suites d’un cancer, entouré de ses proches à la maison de soins palliatifs St-Raphaël, à Montréal, dimanche matin.

L’homme politique a été maire de l'arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie et vice-président du Comité exécutif de Montréal de 2005 à 2009, sous la bannière d’Union Montréal. Il a également occupé plusieurs fonctions au gouvernement du Québec et au sein d’organismes culturels montréalais. On lui doit notamment le premier plan d’urbanisme de Montréal, adopté en 1992 à l'époque du maire Jean Doré. Il est aussi à l'origine du premier plan de transport de la métropole dans les années 2000. Il a également contribué au réaménagement des anciennes usines Angus et à la création du système de vélopartage BIXI.

« C’était une usine à projets, il allait à 140 kilomètres à l’heure et il fallait le suivre ! », se souvient Mario Fortin, un ami de longue date d’André Lavallée et propriétaire du cinéma Beaubien, dans Rosemont.

« André Lavallée, c’était vraiment un visionnaire et un joueur d’échecs pour mettre en lien des personnes de différents milieux pour faire avancer un projet, poursuit M. Fortin. Et tout ça pour l’avancement de Rosemont, de Montréal et du mieux-être collectif. »

Pour Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont, André Lavallée était un « monument » dans le quartier. « C’est vraiment quelqu’un qui était capable de passer par-dessus sa propre partisanerie [politique], parce que pour lui c’était vraiment Rosemont et l’est de Montréal, la priorité. Il avait Rosemont tatoué sur le cœur ».

Un hommage en ligne

Le décès d’André Lavallée n’a pas tardé à faire réagir sur les réseaux sociaux, recueillant des centaines de messages de sympathie sur Facebook.

« C’est avec tristesse que j’ai appris le décès d’André Lavallée, un grand Montréalais qui a tant donné à notre ville », a aussi écrit sur Twitter la mairesse de Montréal, Valérie Plante. « Nous poursuivrons son œuvre afin de construire un Montréal qui nous ressemble. Toutes mes sympathies à la famille et aux proches de M. Lavallée. »

Le chef de l’opposition officielle, Aref Salem, a offert ses condoléances à la famille de M. Lavallée sur Twitter : « […] Il a dévoué sa vie à la chose publique. Merci pour ton énorme contribution ! Mes condoléances à Chantale et aux membres de sa famille. »

Photographe à ses heures

L’un des derniers legs d’André Lavallée est une exposition photographique intitulée Montréal : Figures et fragments, présentée sur l’avenue du Mont-Royal, entre les rues Rivard et Resther, jusqu’au 5 septembre. « Car la ville est au fond un espace imaginaire qui ne prend vie que par le projet que fait une collectivité de l’habiter à sa façon, unique, à nulle autre pareille », avait écrit M. Lavallée concernant l’exposition. « J’ai toujours eu la conviction que pour être un acteur dans sa ville, il fallait d’abord être le témoin de son quotidien. »