(Ottawa) Des documents récemment publiés montrent qu’au moment d’autoriser la restitution à la Russie d’une turbine en réparation à Montréal, Ottawa a tenu compte des impacts sur les emplois canadiens et sur l’inflation mondiale.

Publié le 12 août
La Presse Canadienne

Le « mémoire pour décision » préparé par Affaires mondiales pour la ministre des Affaires étrangères recommandait à Mélanie Joly d’accorder un permis exemptant Siemens Canada des sanctions imposées à la Russie. Cette exemption lui permettrait de restituer l’équipement pour une utilisation dans le pipeline Nord Stream 1, qui achemine du gaz russe vers l’Allemagne.

Le document a été déposé en Cour fédérale dans le cadre d’une contestation, par le Congrès mondial ukrainien, de la décision d’Ottawa dans ce dossier.

Le mémoire des hauts fonctionnaires souligne que l’usine spécialisée de Siemens à Montréal emploie plus de 400 travailleurs hautement qualifiés.

Dans une section fortement caviardée, la note met en garde contre d’éventuelles pertes d’emplois et même la fermeture de l’usine — bien que le scénario qui aurait provoqué ce dénouement ait été supprimé parce qu’il contient « des informations sensibles d’un point de vue commercial ».

Les hauts fonctionnaires préviennent également que le fait de ne pas restituer la turbine pourrait au bout du compte affaiblir le soutien à la position ferme des alliés occidentaux dans cette guerre. Par contre, la restitution de l’équipement permettrait au Canada de « gérer le message », indiquait-on.

La note d’Affaires mondiales souligne que sans cette turbine, la Russie pourrait maintenir la thèse selon laquelle les sanctions occidentales limitent la capacité de fonctionnement du pipeline, ce qui ferait probablement augmenter encore les prix mondiaux de l’énergie — et alimenter l’inflation mondiale.