(Madrid) Le Canada déploiera plus de militaires en Lettonie, dans le cadre de son engagement à moderniser et à renforcer le groupement tactique de l’OTAN qu’il commande là-bas, a déclaré jeudi le premier ministre Justin Trudeau.

Mis à jour le 30 juin
Laura Osman La Presse Canadienne

Le groupement tactique de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Lettonie, dirigé par le Canada, est composé d’environ 2000 soldats, dont 700 Canadiens. Ce groupement tactique est l’une des huit unités de ce type basées en Europe de l’Est pour dissuader et se défendre contre toute invasion russe.

Le Canada a signé mercredi, en marge d’un important sommet de l’OTAN à Madrid, un accord avec la Lettonie pour transformer ce « groupement tactique » en « brigade », ce qui implique l’ajout de soldats et d’équipements supplémentaires pour renforcer sa capacité de combat.

La ministre de la Défense, Anita Anand, déclarait mercredi qu’il était trop tôt pour confirmer si le Canada déploierait davantage de soldats en Lettonie. Mais jeudi, lors d’une conférence de presse de clôture du sommet de l’OTAN, M. Trudeau s’est engagé en ce sens, sans préciser le nombre de soldats supplémentaires qui seraient déployés.

La ministre de la Défense, Anita Anand, déclarait mercredi qu’il était trop tôt pour confirmer combien de soldats seront déployés en Lettonie.

Le premier ministre s’est également abstenu d’indiquer un tel chiffre.

M. Trudeau a également confirmé qu’un nouveau « Centre d’excellence de l’OTAN pour le changement climatique et la sécurité » aura son siège à Montréal.

Le centre « dirigera les travaux communs visant à relever les défis que posent les changements climatiques sur le plan de la sécurité – comme les phénomènes météorologiques extrêmes – et à réduire les répercussions des opérations militaires sur l’environnement », indique un communiqué du cabinet du premier ministre.

Trois sommets en neuf jours

Avec la clôture du sommet de l’OTAN, M. Trudeau a mis un terme à un périple de neuf jours, après la réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays du Commonwealth, au Rwanda, et le Sommet du G7, en Allemagne. La guerre de la Russie en Ukraine a évidemment plané sur toutes ces rencontres multilatérales.

M. Trudeau a d’ailleurs annoncé jeudi plus d’équipement militaire pour l’Ukraine, affirmant que le Canada en était aux dernières étapes des pourparlers pour fournir à ce pays assiégé par les troupes russes jusqu’à 39 véhicules blindés de soutien au combat.

Il s’est également engagé à donner à l’Ukraine six caméras de drones fabriquées au Canada, pour compléter les quelque 50 caméras envoyées plus tôt cette année.

M. Trudeau a expliqué que la décision d’envoyer des caméras de drones et des véhicules de combat blindés était basée sur des conversations avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et les ministres de son gouvernement, qui ont demandé ces types d’équipements.

« Ces caméras exceptionnelles construites au Canada qui vont dans les drones ont été incroyablement utiles pour protéger les Ukrainiens et repousser l’invasion illégale de la Russie, a déclaré M. Trudeau à Madrid. Les véhicules blindés légers que nous enverrons seront également extrêmement efficaces. »

Cet achat d’équipements signifie que le Canada a maintenant dépensé les 500 millions réservés dans le budget de 2022 pour le soutien militaire à l’Ukraine.

Le Canada au G20, malgré la Russie

Le premier ministre a également confirmé jeudi que le Canada prévoyait d’accueillir le bureau régional pour l’Amérique du Nord de l’« accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord de l’OTAN ».

« L’invasion illégale, injustifiable et horrible de l’Ukraine par la Russie exige que nous soyons tous solidaires, a déclaré M. Trudeau. Cela ressort très, très clairement de cette réunion ici, à Madrid, que nous nous sommes tous déjà engagés à être là pour soutenir l’Ukraine parce qu’ils ne se battent pas seulement pour leur propre territoire, mais pour nos démocraties. »

Le premier ministre a aussi affirmé que le Canada participerait au sommet du G20, prévu à Bali en novembre, même si le président russe Vladimir Poutine devait y être présent.

M. Trudeau a d’ailleurs dit s’attendre à ce que tous les pays du G7, qui comprennent également les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Japon, soient à Bali même si la Russie, qui est blâmée pour son invasion de l’Ukraine, reste membre à part entière de ce G20.

Selon M. Trudeau, il est très important qu’une conversation sur l’économie mondiale ait lieu à ce sommet du G20. Le Canada, a-t-il ajouté, doit contrer la voix que la Russie aura autour de cette table, et « les mensonges » qu’elle pourrait propager.

« Il reste encore plusieurs mois, et tout peut arriver. »

Avant de rentrer à Ottawa, jeudi soir, le premier ministre Trudeau a rencontré à Madrid son homologue espagnol, Pedro Sánchez.

Note aux lecteurs : Ceci est une dépêche corrigée. Une version précédente indiquait que la ministre de la Défense, Anita Anand, avait déclaré qu’il était trop tôt pour confirmer si des troupes canadiennes supplémentaires seraient déployées en Lettonie.