Québec investira 50 millions sur 5 ans afin de lutter contre la maltraitance des aînés, a annoncé dimanche la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. Ce financement servira à sensibiliser la population, à former des intervenants et à mettre en place des pratiques favorisant la bientraitance.

Mis à jour le 12 juin
Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

« Aujourd’hui, on fait un pas de plus, tous ensemble, pour accentuer notre lutte collective contre la maltraitance envers les personnes aînées et en situation de vulnérabilité », a déclaré la ministre Blais en conférence de presse, dimanche matin.

La majorité du budget – 31 millions – servira à améliorer la gestion des situations de maltraitance. Ce financement permettra entre autres d’implanter un centre d’aide, d’évaluation et de référence en maltraitance de personnes aînées ou en situation de vulnérabilité.

Cette somme permettra également de soutenir le personnel de CHSLD qui doit repérer et rapporter les situations de maltraitance de ses résidants. Pour ce faire, un « champion », soit une personne formée intensivement dans la lutte contre la maltraitance, sera déployé dans chaque CHSLD de la province.

Photo Philippe Boivin, LA PRESSE

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants

Le gouvernement investira également 5 millions pour la sensibilisation de la population à la maltraitance, notamment par l’entremise d’activités grand public. « Il reste encore beaucoup de chemin à accomplir, afin que la population soit beaucoup plus vigilante », a indiqué la ministre.

Une somme supplémentaire de 6 millions servira à la formation des différents intervenants du milieu, par le développement d’outils et de contenu de formation.

Par ailleurs, 2,5 millions seront consacrés à la mise en place de pratiques favorisant la bientraitance, notamment en finançant les projets visant à favoriser des environnements favorables pour les aînés et en accompagnant les résidences privées pour aînés à implanter de meilleures pratiques.

Enfin, Québec investira 4 millions de dollars pour soutenir la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke, financer l’Enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées au Québec (EMPAQ) et mener des projets de recherche.

Des besoins entendus

Le 6 avril dernier, le projet de loi 101 visant à renforcer la lutte contre la maltraitance envers les aînés et les personnes en situation de vulnérabilité a été adopté. « Avec [ce projet de loi] et ce nouveau plan, je suis convaincue que le Québec est un leader de la lutte contre la maltraitance », a conclu Mme Blais.

L’Association des établissements privés conventionnés – santé services sociaux (AEPC) s’est réjoui de l’annonce. « Bonne nouvelle qui va dans le sens de nos demandes de mise en place d’un soutien de proximité à l’intention du personnel des établissements de courte et de longue durée ayant à repérer et à rapporter des situations de maltraitance de personnes hébergées », a-t-elle indiqué sur Twitter.

« Il est important d’avoir sur le terrain, au sein de chaque installation hébergeant des personnes aînées, des ressources qui sont aptes à informer et à orienter le personnel lorsqu’une situation de maltraitance est repérée », a ajouté l’association.