(Québec) La députée conservatrice Claire Samson a fait ses adieux à la politique jeudi en disant au passage que les députés d’arrière-ban comme elle n’ont pas « travaillé fort depuis deux ans ».

Publié le 9 juin
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« De tous les emplois que j’ai eus, et j’inclus quand j’avais 17 ans quand j’étais commis chez Miracle Mart, ou quand j’étais serveuse chez Da Giovanni, le travail de députée ici à l’Assemblée nationale c’est la job où j’ai travaillé le moins dans ma vie », a lancé la députée d’Iberville, qui ne se représente pas.

« J’imagine que les ministres de la Santé qui se sont succédé ont travaillé un peu, et Jean-François Roberge avec l’Éducation. Mais les députés “plantes vertes” comme moi, ç’a pas travaillé fort depuis deux ans ça là », a-t-elle continué.

Mme Samson dit toutefois avoir apprécié les tâches à son bureau de circonscription. Mais le travail de député d’arrière-ban au parlement est bien mince, selon elle. Et les « plantes vertes » vont se multiplier si la CAQ obtient une plus grande majorité aux prochaines élections, prévient-elle. « C’est sûr, à moins qu’ils montent à je ne sais pas combien de ministres. »

Pas d’amertume selon elle

La femme de 67 ans a été élue une première fois en 2014 sous la bannière de la CAQ. Elle a été réélue en 2018, mais François Legault ne lui a pas offert de place au conseil des ministres. En juin 2021, elle a rejoint le PCQ.

Devant les journalistes jeudi, au moment de tirer un trait sur la politique, elle a dit ne pas ressentir d’amertume envers François Legault.

« Je ne lui ai pas reparlé et je n’irai certainement pas à ses rassemblements citoyens. Le seul moyen de le revoir ç’aurait été de me représenter dans L’Assomption. Pour le fun, j’y ai pensé. »

Mais l’amertume, pourtant, est parfois palpable. Lors de la période des questions, elle est sortie du Salon bleu. Aux journalistes qui faisaient le pied de grue, elle s’est expliquée ainsi, parlant de François Legault : « Je suis allée fumer. C’est moins nocif que de l’écouter », ajoutant que c’était « une blague ».

Cette ancienne cadre du monde des médias a dit souhaiter, aux prochaines élections, une forte présence de l’opposition. Un scénario dans lequel la CAQ aurait 90 députés ou plus serait selon elle « terrible ».

« Ça ne leur donnerait rien de plus à eux, mais ça enlèverait beaucoup à la démocratie et aux citoyens du Québec. Ils vont pouvoir faire n’importe quoi et il n’y aura plus de questions qui seront posées », dit-elle.

« J’ai vu à quel point les oppositions étaient affaiblies. Ce que je peux souhaiter aux Québécois aux prochaines élections, c’est une opposition forte. Ça ne peut pas reposer uniquement sur vos épaules aux journalistes. Il faut une opposition forte. »

Elle a profité de ses adieux pour remercier son ancien caniche royal Pepper, un chien entraîné pour voir venir ses crises d’épilepsie. « C’est lui qui m’a aidé le plus, à mon arrivée ici, et je parle naturellement de feu Pepper. »

Avec Charles Lecavalier, La Presse