Le chef conservateur, Éric Duhaime, souhaite offrir aux électeurs anglophones de Montréal une « alternative » au Parti libéral du Québec, dont il reproche à la cheffe, Dominique Anglade, de les avoir « trahis ».

Mis à jour le 31 mai
Vincent Larin
Vincent Larin La Presse

Le Karina’s Club Lounge, rue Crescent, dans le centre-ville de la métropole, étant rempli lundi pour la présentation de huit nouveaux candidats du Parti conservateur du Québec (PCQ) qui tenteront de se faire élire dans la région aux prochaines élections.

« Je veux dire aux anglophones : souvenez-vous que vous avez été trahis par Dominique Anglade et les libéraux. Regardez ce qu’ils ont fait avec le projet de loi 96 [la mise à jour de la loi 101 proposée par le gouvernement Legault] », a lancé, en anglais, le chef conservateur à la foule bigarrée.

Tout comme Dominique Anglade, la seule députée du PCQ, Claire Samson, s’est opposée à l’adoption de la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, mais Éric Duhaime prétend que c’est d’abord parce qu’elle contrevenait à la Charte canadienne des droits et libertés et non pas pour séduire l’électorat.

« La donne est en train de changer »

Fort des résultats d’un récent sondage Léger selon lequel son parti se classe deuxième (19 %) derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) (48 %) pour les appuis chez les non-francophones, il a ensuite expliqué sentir un appétit chez les électeurs anglophones pour « une alternative ».

Les libéraux faisaient ce qu’ils voulaient avec les anglophones, parce que c’était une clientèle qui était acquise, que personne ne pouvait courtiser, mais je pense que maintenant, la donne est en train de changer.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Ce dernier a tout de même admis être « surpris » par ces résultats étant donné qu’il a peu fait campagne dans l’île de Montréal, pour se concentrer plutôt sur la région de Québec.

Questionné à savoir si la position du PCQ en faveur de la réduction des seuils d’immigration n’était pas de nature à effrayer les clientèles non francophones, la nouvelle candidate du parti dans Bourassa-Sauvé, Carmel-Antoine Bessard, n’a pas souhaité répondre, prétextant qu’elle devait d’abord consulter son équipe.

Les nouveaux candidats :

  • Carmel-Antoine Bessard, auteure et ingénieure, dans Bourassa-Sauvé
  • Chakib Saad, directeur de la Clinique Nouveau Départ, dans Jeanne-Mance–Viger
  • Christos Karteris, ancien restaurateur, dans Bourget
  • Geneviève Deneault, ancienne candidate de la téléréalité Loft Story, dans Anjou–Louis-Riel
  • Louis-Charles Fortier, ancien militant de l’Action démocratique du Québec, dans Jacques-Cartier
  • Marie-France Lemay, ex-gestionnaire dans le réseau de la santé, dans Rosemont
  • Stefan Marquis, architecte en pratique privée, dans Sainte-Marie–Saint-Jacques
  • Aleksa Drakul, ingénieur de formation, dans Marguerite-Bourgeoys

Leurs chances d’être élus sont toutefois minces, selon les projections du site Qc125, qui compile des résultats de sondages. À Montréal, le PCQ récolte seulement 9 % des appuis, soit moins que le PLQ (35 %), la Coalition avenir Québec (25 %) et Québec solidaire (22 %).

En savoir plus

  • Le PCQ, 4e à Montréal
    qc125.com