(Toronto) Misant sur sa fougueuse performance lors du débat de lundi soir, le chef des verts en Ontario s’est rendu mardi dans deux autres circonscriptions où le parti espère faire élire des députés le 2 juin.

Publié le 17 mai
Holly McKenzie-Sutter La Presse Canadienne

Mike Schreiner a fait forte impression, lundi soir, lors de son deuxième débat de la campagne, décochant de vives critiques du bilan du chef progressiste-conservateur Doug Ford sur la pandémie, l’environnement et ses relations avec les travailleurs de la santé.

Après avoir remporté le tout premier siège du Parti vert à l’Assemblée législative provinciale, dans Guelph, il y a quatre ans, M. Schreiner a déclaré mardi qu’il espérait en décrocher un autre dans Parry Sound-Muskoka.

Matt Richter, un enseignant local qui en est à sa cinquième course sous la bannière verte, avait obtenu 20 % des voix en 2018, deux points de moins que le néo-démocrate. Or, le conservateur élu la dernière fois ne se représente pas cette fois-ci et il n’y aura pas de candidat libéral.

« Nous sommes simplement ravis de l’élan que nous voyons à Parry Sound-Muskoka. Cela ressemble un peu à l’élan que nous avons vu à Guelph en 2018, a soutenu M. Schreiner à Toronto mardi, avant de se rendre à un évènement à Huntsville. Nous voulons certainement en profiter. »

Plus tôt dans la journée, M. Schreiner s’était arrêté dans la circonscription d’University-Rosedale, à Toronto, où l’ancienne commissaire à l’environnement Dianne Saxe est considérée comme une autre candidate vedette pour le Parti vert.

M. Schreiner a évoqué les campagnes de Mme Saxe et de M. Richter lundi soir dans son dernier plaidoyer aux téléspectateurs du débat des chefs.

Mme Saxe a présenté mardi son chef comme le « gagnant du débat d’hier soir ». Les deux candidats se sont largement concentrés sur la plate-forme climatique du parti qui, selon eux, contribuerait à assurer un avenir plus vivable aux enfants et aux jeunes. Ils ont d’ailleurs vanté la promesse d’abaisser l’âge de vote à 16 ans afin que les jeunes puissent avoir davantage leur mot à dire dans les décisions politiques.

Interrogé sur les chances minimes de son parti à former un gouvernement, M. Schreiner a encouragé les Ontariens à aller voter de toute façon pour le candidat vert dans leur circonscription. « Si vous voulez Vert, votez Vert », a-t-il dit.

Il a fait valoir que même quelques députés verts auraient une influence immense dans les décisions politiques — un thème qu’il a également abordé lors du débat de lundi, où il a suggéré à plusieurs reprises que le Nouveau Parti démocratique modifiait sa plate-forme pour « suivre » les verts sur le logement et l’aide aux personnes handicapées.

Mme Saxe a également fait valoir que le message vert prenait de l’ampleur dans sa circonscription de Toronto où une députée néo-démocrate sortante se représente. La candidate des verts affirme qu’elle a entendu la frustration des électeurs à propos du plan climatique des néo-démocrates.

Tim Abray, chargé de cours en études politiques à l’Université Queen’s, s’est dit « profondément impressionné » par la performance de M. Schreiner au débat de lundi soir. « Il était extrêmement bien préparé et il a fait un très bon travail, en se concentrant toujours sur les faits et la responsabilité, a-t-il estimé. Si vous essayez de progresser dans l’arène politique, il est extrêmement important de se concentrer là-dessus.

« En demandant des comptes aux autres dans le débat, en demandant des comptes aux autres partis et en présentant des expressions claires, très, très bien formulées de choses qu’il ferait, des faits sur les problèmes qui existent en Ontario en ce moment et les solutions qu’il propose, ça donne aux gens quelque chose de tangible auquel s’accrocher. »

Lors du débat de lundi, M. Ford a fait face à des attaques sur les soins de santé et l’éducation de la part des trois autres dirigeants, mais il est resté fidèle à son message de base : créer des emplois, rendre la vie des Ontariens plus abordable, et construire plus d’infrastructures.

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Le chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario Doug Ford

Soutien de syndicats pour Ford et le NPD

Le chef conservateur a d’ailleurs annoncé mardi matin à Toronto le soutien d’un autre syndicat de travailleurs de métiers de la construction, l’Union internationale des peintres et des métiers connexes. La veille, le chef conservateur avait reçu l’appui du syndicat représentant les travailleurs de l’électricité (IBEW), après celui de la Fraternité internationale des chaudronniers.

La cheffe néo-démocrate, Andrea Horwath, rappelle que M. Ford a combattu les syndicats de la fonction publique pour l’adoption en 2019 d’une loi qui plafonne à 1 % ou moins les augmentations de salaire dans le secteur public.

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La cheffe néo-démocrate Andrea Horwath

Le NPD s’est assuré le soutien du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), qui représente 180 000 travailleurs.

M. Ford a eu également maille à partir avec les syndicats d’enseignants, d’abord lors de longues négociations des conventions collectives, puis à propos de la décision de son gouvernement de maintenir les écoles ouvertes pendant la pandémie.

Le chef conservateur est allé faire du porte-à-porte mardi dans York South-Weston, là où se présente son neveu, Michael Ford.

En campagne à Toronto, Andrea Horwath s’est concentrée mardi sur l’éducation : elle a promis d’éliminer d’ici 10 ans l’arriéré de rénovations des écoles de la province. Puis, dans la circonscription phare de Peterborough-Kawartha, elle a promis de doubler l’aide en santé mentale dans les écoles.

Le chef libéral Steven Del Duca, en campagne dans l’ouest de Toronto, a mis l’accent sur son projet pilote de semaine de travail de quatre jours et d’autres mesures favorables aux travailleurs.

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Le chef libéral Steven Del Duca

Les élections ontariennes auront lieu dans un peu plus de deux semaines, le 2 juin prochain.