(Québec) La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, somme les ingénieurs de l’État de revenir à la table de négociation.

Mis à jour le 11 mai
Caroline Plante La Presse Canadienne

« Les ingénieurs ont quitté la table et je trouve ça inacceptable, a-t-elle martelé mercredi en point de presse à l’Assemblée nationale. Ce que je leur demande, c’est de venir se rasseoir. »

Mme LeBel a rappelé avoir déposé trois offres « majeures » seulement dans le dernier mois.

Des hausses salariales « substantielles » ont été offertes aux ingénieurs, a-t-elle dit. Par exemple, un ingénieur au premier échelon verrait son salaire passer de 54 000 $ à 62 000 $.

À l’échelon maximal, le salaire grimperait de 96 000 $ à 122 000 $.

Mme LeBel a expliqué avoir créé deux structures salariales pour pouvoir offrir des augmentations plus généreuses aux ingénieurs d’expérience.

« On reconnaît qu’il y a un besoin, au ministère des Transports, de valoriser, de reconnaître et d’attirer une expertise de haut niveau », a-t-elle déclaré.

« Ce sont les demandes des ingénieurs depuis le début de ces négociations-là, donc l’attraction d’ingénieurs de haut niveau, le développement et la transmission d’expertise », a-t-elle ajouté.

Sonia LeBel a affirmé « faire le point » sur la grève des ingénieurs, au moment où des « dizaines » de projets routiers sont « en danger de ne pas se réaliser » cette année.

« La saison utile pour les travaux routiers commence présentement, et si on dépasse une certaine fenêtre d’opportunités, bien, on va avoir plein de chantiers qui vont devoir être reportés à l’année prochaine. »

Elle a accusé les ingénieurs de « prendre les citoyens en otage », tout en se faisant rassurante quant à la sécurité des infrastructures au Québec.

Une entente a été conclue au cours des dernières heures afin d’assurer les services essentiels.

Le syndicat réplique

En entrevue, le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin, réplique que Mme LeBel veut faire passer la semaine de travail de 35 heures à 37,5 heures.

« C’est vrai que travailler plus, on va faire plus d’argent, mais ce n’est pas des augmentations de salaire, a-t-il dénoncé. C’est pour ça qu’on ne va plus à la table. »

M. Martin souligne que le rapport Gendreau chiffre à 32,1 % le retard en rémunération des membres de l’APIGQ comparativement aux ingénieurs travaillant dans les autres fonctions publiques et les villes.

Cela fait du gouvernement du Québec l’organisation publique la moins attrayante pour les ingénieurs, selon lui.

Quelque 1800 ingénieurs de l’État québécois sont en grève depuis le 22 avril. Ils travaillent dans plusieurs ministères, principalement au ministère des Transports, mais aussi à l’Environnement et aux Affaires municipales.