(Québec) Le Parti conservateur du Québec veut se positionner en vue des élections comme le parti « le plus opposé » au projet de tramway. Son chef, Éric Duhaime, réclame maintenant un « moratoire » sur cet enjeu qui divise la population de la capitale.

Publié le 30 mars
Gabriel Béland
Gabriel Béland La Presse

« On demande au gouvernement d’attendre après le 3 octobre pour adopter quelque décret que ce soit en matière de tramway. On pense que la population de Québec n’a pas encore eu la chance de se prononcer démocratiquement », a lancé mercredi Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ).

Les candidats en faveur du tramway ont récolté 75 % lors des élections municipales d’octobre dernier. Mais pour M. Duhaime, ce n’est pas suffisant. « Le maire élu parlait de dix modifications au projet et là on ne réclame aucune de ces dix-là », a-t-il dit, au sujet du maire de Québec, Bruno Marchand.

Éric Duhaime présentait mercredi sa candidate dans la circonscription solidaire de Taschereau, Marie-Josée Hélie. Elle tentera de déloger Catherine Dorion, grande partisane du projet de tramway de la Ville de Québec.

Il était aussi accompagné du candidat du PCQ dans La Peltrie, Stéphane Lachance. Celui-ci est le fondateur du groupe Tramway non merci.

Éric Duhaime estime que le gouvernement de la CAQ a attaqué le projet la semaine dernière, car il se sent talonné par le PCQ dans la grande région de Québec.

« La CAQ sait qu’une élection s’en vient, voit la montée du PCQ et s’en inquiète. Elle veut faire croire aux gens qu’elle a des réserves. Mais ils disent ça avant les élections alors que pendant des années ils ont été de grands partisans », a-t-il lancé.

Le chef du PCQ assure qu’il « n’est pas contre le transport en commun ». Il promet de présenter son propre projet pour Québec d’ici l’été.

Une simple « erreur »

La semaine dernière, l’unique députée conservatrice à l’Assemblée nationale a appuyé et déposé conjointement une motion en faveur du projet de tramway, pour soutenir Bruno Marchand dans son bras de fer contre le gouvernement de la CAQ.

Éric Duhaime affirme qu’il ne s’agit pas d’une incohérence. Claire Samson a seulement fait une erreur, dit-il.

« Il y a eu une erreur. Tous les matins les députés indépendants reçoivent un paquet de motion et Claire a dit “oui” au paquet de courriels qu’elle a reçu. »

Selon lui les électeurs ne doivent pas s’inquiéter d’une telle bévue. « Ça arrive à tous les partis à tous les jours », a-t-il affirmé, sans citer d’exemple.

Le gouvernement du Québec s’oppose à la transformation d’une section du boulevard René-Lévesque en rue partagée. La voiture doit garder sa place, selon le gouvernement de François Legault, qui s’est engagé à financer le projet de 4 milliards.

Le maire Marchand a présenté mercredi les résultats d’une consultation citoyenne, où 69 % des quelque 2000 répondants se sont dits en faveur de la rue partagée sur René-Lévesque. Ce scénario privilégié par la Ville prévoit l’insertion du tramway au centre de la chaussée et l’aménagement de voies partagées entre piétons, vélos et automobiles de part et d’autre.

La semaine dernière, plusieurs députés de la CAQ ont dénoncé cet aménagement de compétence municipale. Le député de La Peltrie, Éric Caire, a même accusé le maire Marchand de « polluer la vie des automobilistes ». Il s’est ensuite rétracté.