(Montréal) Québec solidaire propose de créer un fonds d’urgence pour financer une série de mesures afin d’améliorer l’offre en transports collectifs des régions et « diminuer l’utilisation de l’auto solo », alors que le prix de l’essence ne cesse de grimper.

Publié le 20 mars
Clara Descurninges La Presse Canadienne

« Depuis plusieurs années, nous assistons à la centralisation de plus en plus accrue de nos services de proximité, de nos services de santé, de nos services d’éducation, et nous sommes laissés à nous-même avec la hausse du prix de l’essence qui coûte vraiment plus cher quand on doit faire 50 kilomètres pour aller chercher la pinte de lait la plus proche », pour prendre une prise de sang ou pour visiter un proche en CHSLD, a fait valoir dimanche la porte-parole solidaire en matière de développement régional, Émilise Lessard-Therrien, en entrevue téléphonique.

Une première mesure serait de créer des régies intermunicipales pour le transport collectif dans chaque région de la province, pour s’assurer que des lignes d’autobus permettent les déplacements d’une ville à l’autre. Cela permettrait aussi, selon Mme Lessard-Therrien, d’adapter l’offre au contexte local, comme cela a été fait en Gaspésie, « où le modèle fonctionne, il a fait ses preuves ».

« Nous n’avons pas été en mesure de le chiffrer parce qu’on veut que ça réponde vraiment aux besoins des collectivités », a-t-elle dit, arguant qu’avec les profits surprises engrangés via la taxe sur l’essence, « de l’argent, il y en a ».

Québec solidaire souhaite aussi créer des services d’autopartage, comme il y en a déjà dans les grands centres urbains. Notamment, la location de véhicules plus lourds, comme des 4x4 ou des camions.

« Les gens dans les régions ont besoin parfois d’avoir des camions parce qu’ils ont une terre, parce qu’ils ont des activités qui demandent l’utilisation ponctuelle d’un camion », a expliqué Mme Lessard-Therrien. Mais la possibilité d’en louer un quand on en a besoin permettait d’acheter seulement une petite voiture pour les déplacements quotidiens, ce qui aurait le double avantage de coûter moins cher et de moins polluer.

La députée reconnaît toutefois « qu’il y a un changement de mentalité qu’il va falloir qui s’opère », comme prendre la voiture est souvent plus pratique que d’attendre le passage de son autobus. Malgré tout, elle se dit « convaincue que juste parce que ça coûte tellement cher de faire le plein de son auto, bien là il y a des gens qui vont l’envisager ».

D’après elle, le transport régional est aux prises avec un cercle vicieux, où l’offre déficiente en transport collectif pousse les gens vers la voiture. En conséquence, « il y a des lignes d’autobus qui n’ont jamais repris depuis le début de la pandémie faute d’achalandage, a-t-elle fait remarquer, moi j’aimerais bien voir où sont les publicités du gouvernement pour encourager à utiliser le transport collectif. »

Elle a accusé le gouvernement de François Legault d’abandonner les régions et d’avoir « coupé dans les services de proximité et délaissé le transport collectif régional ».

Le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, n’a pas souhaité commenter la proposition de Québec solidaire.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles